Madagascar : l’ancien président malgache Didier Ratsiraka est décédé

océan indien
Ratsiraka  2013
©Capture d'écran YouTube

L’ancien président de la République de Madagascar, Didier Ratsiraka est décédé ce dimanche 28 mars au matin. L’Amiral était hospitalisé en début de semaine dans un hôpital militaire de la Grande-Ile.

L’ancien président de la République de Madagascar Didier Ratsiraka est décédé ce dimanche 28 mars à 6h30. Une nouvelle qui a été confirmée dans le courant de la matinée par sa famille. "L’Amiral rouge" et son épouse, ont été hospitalisés pour une "petite grippe" selon les proches, en début de semaine à l’hôpital militaire de Soavinandriana, dans la banlieue de Tananarive. Quelques jours avant, il s'exprimait sur la lutte contre le Covid et notamment sur le choix de se faire vacciner ou pas. 

Didier Rastiraka, cet homme politique socialiste et officier de marine de carrière, d'où son surnom d'"Amiral rouge", a été à deux reprises à la tête du pays, de 1975 à 1993 et de 1997 à 2002. Il était âgé de 84 ans.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont déjà nombreuses. Adulé par certains, détesté par d'autres, Didier Ratsiraka aura en tout cas marqué l'histoire de son pays. La fin de son deuxième mandat à la tête de la Grande île aura été marquée par une crise politique majeure, le président sortant n'acceptant pas sa défaite, jusqu'à ce qu'il soit contraint de quitter le pays en juillet 2002.

Un exil qui prendra fin, 9 ans plus tard, en novembre 2011. A nouveau candidat aux élections présidentielles de 2018, Didier Ratsiraka n'avait pas dépassé le premier tour, obtenant un score très faible.

Andry Rajoelina, l'actuel président malgache, a réagi lui aussi sur les réseaux sociaux à l'annonce de la disparition de Didier Ratsiraka. "Les Malagasy ont perdu un illustre patriote", a-t-il déclaré.

La chaîne de télévision nationale a interrompu la diffusion de son programme habituel pour une émission spéciale. "L'amiral Ratsiraka" était un érudit, un intellectuel. Une image ternie par certaines de ces décisions prises lorsqu'il était à la tête de la République malgache. "Deba", le "grand patron" en malgache, avait notamment répondu à la contestation populaire du mois d'août 1991 par des tirs à balles réelles.

La garde présidentielle avait ouvert le feu sur une foule de 400 000 personnes massées devant le palais présidentiel, tuant une cinquantaine de personnes et en blessant plus de 300.

Les précisions de Rija Rasolondraibe, correspondant à Madagascar pour Réunion La 1ère :

Direct de Rija Rasolondraibe

"Un patriote malgache au bilan contrasté"

Wilfrid Bertile, qui a été secrétaire général de la Commission de l‘océan Indien de 2001 à 2004, décrit Didier Ratsiraka comme un "patriote et un militant anticolonialiste malgache" qui "n’a pas réussi à mettre Madagascar sur la voie du développement économique et social".

L'ancien député réunionnais souligne à son tour "le bilan contrasté" de Didier Ratsikara : "(Il) a malheureusement engagé Madagascar dans une voie "socialiste" au moment où les autres pays s’en écartaient. Son exercice autoritaire du pouvoir a été par deux fois interrompu par des révoltes populaires sauvagement réprimées".

L'ancien élu saint-philippois de rappeler ensuite que Didier Ratsiraka Il a été un des fondateurs de la Commission de l’océan Indien en 1984. "Secrétaire général de cette organisation, je l’ai rencontré, ainsi que Marc Ravalomana au début de 2002 dans le cadre d’une médiation menée par la COI suite aux troubles qui ont suivi l’élection présidentielle qui les a opposés en décembre 2001. Cette médiation avait abouti à l’acceptation par les deux "présidents" d’une rencontre à Dakar en avril 2002. M. Ravalomana  s’est finalement imposé en juillet 2002 provoquant l’exil en France de Didier Ratisaraka jusqu’en 2011".