Madagascar : la fourniture d'électricité évite une explosion sociale

économie
Jirama des clients en retard de paiement 19 avril 2022
De nombreux citoyens de la capitale accumulent des dettes d'électricité. Ils sont contraints de venir négocier l'étalement des arriérés pour survivre ©Capture d'écran Midi-Madagascar
Le conseil d'Etat vient de débouter la Jovena (société importatrice de pétrole) de sa demande de sursis à exécution pour la livraison de carburant à la Jirama. Le gouvernement exige de cette entreprise la poursuite des livraisons, malgré les arriérés de paiement.

Le courant passe de plus en plus mal entre la Jovena et la Jirama. La société spécialisée dans l'importation d'essence, de gasoil et fuel lourd à Madagascar avait stoppé de livrer l'entreprise nationale d'électricité. Les arriérés de paiement s'entassent. En 2019, déjà, l'importateur de carburants avait déposé un sursis à statuer devant le Conseil d'Etat pour ne pas livrer du fuel à la Jirama, nous apprend Midi-Madagascar

L'entreprise avait expliqué, preuves à l'appui, que les retards de paiement s'élevaient à 1 milliard d'ariary (227 125,61 €). Trois ans plus tard, il est raisonnable d'imaginer que la dette s'est amplifiée.

Les pétroliers doivent livrer du carburant

L'Etat redoute la pénurie de carburant. L'arrêt de l'approvisionnement des stations services et de la Jirama entraînerait inévitablement une explosion sociale. C'est d'ailleurs l'argument soulevé par les représentants de l'exécutif devant les sages. En 2019, comme en 2021 et aujourd'hui, en 2022, le Conseil a retenu les motifs d'ordre public et d'urgence pour refuser la suspension de la livraison de fuel lourd.

La rupture totale d'électricité dans la capitale aurait des répercussions immédiates dans tous les foyers, les commerces, sans oublier les hôpitaux…

Reste qu'à cause de ces impayés, le fournisseur a fait savoir qu’il n’a plus les moyens d’importer le carburant dont la Jirama a besoin. Ce qui l’amène à demander encore le sursis à exécution de la nouvelle réquisition du ministère de l’Energie et des Hydrocarbures.

La réponse du ministre des Energies est dès plus limpide : "A mis en garde les compagnies pétrolières contre toute velléité de ne pas importer du carburant," note le rédacteur.