​​​​​​​Maïdo : l’ajonc d’Europe, espèce invasive, va encore gagner du terrain

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Incendie au Maido
©Céline Latchimy
Quelles pourraient être les conséquences de ce nouvel incendie pour la flore et la faune du Maïdo ? On peut d’ores et déjà craindre que l’ajonc d’Europe, espèce invasive, ne gagne encore du terrain sur les branles endémiques. Le lézard vert des Hauts est lui aussi menacé.

Il est sans doute encore trop tôt pour faire un bilan exhaustif de l’impact de l’incendie en cours sur les espèces animales et végétales abritées au Maïdo. Mais les spécialistes de l’Office national des forêts et du Parc national sont désormais bien au fait des conséquences qu’un tel sinistre peut provoquer. Et ils sont d'ores et déjà inquiets.

Le site du Maïdo a en effet déjà été dévasté par les incendies de 2010 et de 2011, durant lesquels quelques 3 500 hectares de faunes et de flores uniques au monde ont été détruits.

Petit retour dans le passé avec ce reportage de notre journaliste Sophie Person sur Réunion La 1ère : 
 
Retour sur les incendies du Maïdo de 2010 et 2011

Ce nouvel incendie déclaré dans la nuit de vendredi et qui a continué de progresser ce samedi vient à nouveau déséquilibrer tout l'écocystème du Maïdo. On pense d'abord au petit lézard vers des Hauts, ou Phelsuma borbonica de son nom savant.

Les remparts du cirque de Mafate qui ont été attaqués dès le courant de la nuit dernière par les flammes constituent en effet l'habitat de ce gecko endémique à plus d'un titre, comme l'explique Jeannick Payet, responsable du secteur Ouest au Parc national.

Cela fait dix ans -depuis le premier incendie du Maïdo donc- que les experts du Parc suivent cette population particulière : "On peut dire que c’est une sous-espèce parce qu’elle est coupée du reste de la population de l’île qui est déjà une population endémique des Mascareignes. Elle a développé des caractères génétiques très particuliers. Si on perd cette population, -et c’est tout son milieu qui a brûlé aujourd’hui-, on perd peut-être la trace génétique particulière de cette population qui est unique au monde", indique Jeannick Payet.
 

Un combat inégal


Pour ce qui est de la flore, on sait que l'ajonc d'Europe, une espèce invasive, est majoritairement présent au Maïdo et qu'il ne cesse de gagner du terrain face aux branles endémiques et plus fragiles. Comme les spécialistes du Parc national ont pu le constater lors des précédents incendies, on sait que l'ajonc d'Europe repousse beaucoup plus rapidement que les branles.

On dit de l'ajonc d'Europe qu'il s'agit d'une espèce pyrophile, c'est-à-dire que sa croissance est accélérée en présence d'une source de chaleur, comme lors d'un incendie. Un combat inégal qui constitue donc un risque pour la survie de la végétation endémique. D'où les efforts mis en place par les autorités pour contenir la progression de cette espèce invasive et notamment via l'utilisation de... pesticide.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :
 
Conséquences écologiques de ce nouvel incendie au Maïdo