Masque obligatoire en entreprise : qui va payer ?

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Usine de fabrication de masques au Port
La ministre du Travail Elisabeth Borne a précisé que les masques seront à la charge de l'employeur ©Michelle Bertil
Le port du masque sera obligatoire en entreprise dès le 1er septembre. Mais se pose la question du coût. Les entreprises déjà durement touchées par la crise sanitaire et le confinement demandent à l’Etat d’assumer cette charge supplémentaire.
L’annonce faite par la ministre du Travail Elisabeth Borne au sujet du port du masque obligatoire en entreprise à partir du 1er septembre fait grincer des dents.

Si les entrepreneurs ne sont évidemment pas du tout opposés à la mise en place de cette nouvelle mesure sanitaire alors que le nombre de cas de Covid continue d’augmenter, la question de son financement fait débat.

Mardi, au sortir d’une réunion avec les partenaires sociaux, Elisabeth Borne a indiqué que le masque qui est considéré comme un équipement individuel de sécurité sera à la charge de l’employeur. Mais la dépense est loin d’être anodine, pour les petites comme pour les grands structures.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère
 
Coronavirus : le port du masque bientôt obligatoire dans les entreprises

Chez RunFabLab, structure portée par l’association Solidarnum, les employés portent le masque depuis le déconfinement. Cette charge supplémentaire ne sera pas conséquences, nous confirme Daniel Membrives, son président.

"Aujourd’hui, nous avons quatre salariés et si l’on extrapole les chiffres qui ont été avancés, c’est une mesure qui devrait nous coûter aux alentours de 2 500 euros par an. C’est un budget qui n’était pas prévu. Et il va falloir les trouver…"

Didier Fauchard, le président du Medef Réunion, a lui aussi sorti la calculatrice : "Vous avez des entreprises à la Réunion qui n’ont pas encore redémarré leur activité, dont la trésorerie est absolument exsangue et qu’il faut absolument accompagner, et on leur demande aujourd’hui de mettre 700 euros par personne et par an… C’est-à-dire 7 000 euros pour dix personnes. Où voulez-vous que l’entreprise trouve ces fonds ?"
 

A la charge de l’employeur… ou de l’Etat ?


Le Medef Réunion défend ainsi que c’est à l’Assurance maladie d’assumer financièrement ces dépenses. "Il y a un risque de maladie et la solidarité nationale au titre justement de la maladie doit permettre à tout un chacun de se protéger !", défend Didier Fauchard.

Un avis partagé par Ibrahim Patel, le président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCIR). "C’est l’Etat qui doit payer ! Avant même la prise de cette décision par la ministre, j’avais écrit à plusieurs reprises au président de la République pour lui demander de proroger le fonds de solidarité nationale jusqu’à la fin de l’année, pour pouvoir aider les entreprises", défend-il.

De l’argent qui aurait ainsi pu aider les entreprises à financer l’achat de kits anti-Covid, argumente Ibrahim Patel. Ce dernier interpelle également la Région et le Département : "C’est le message que j’adresse aux deux présidents de collectivités : accompagnez l’Etat dans cette démarche-là !"

Jusqu’à très récemment, l’Assurance maladie proposait une subvention pour aider les TPE et PME (moins de 50 salariés) à prévenir le Covid-19 au travail. Mais cela ne semble plus être le cas comme on peut le lire sur le site "ameli.fr".

On y apprend en effet que "compte tenu du succès de la subvention « Prévention Covid » et du budget consacré à cette aide financière, les demandes arrivant après le 31 juillet 2020 ne pourront plus être acceptées".

 
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