Maurice : le panier de la ménagère a augmenté de 75%

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Caddies
Illustration ©Capture d'écran France Bleu
L'envolée des prix oblige les Mauriciens à limiter leurs achats. L'alimentaire, principale dépense, est également concernée. Les commerçants constatent une baisse des ventes des produits de "marque", du poisson et de la viande. On estime que le panier de la ménagère a augmenté de 75% en quelques mois.

Comment faire ses courses, nourrir correctement sa famille, s'offrir des loisirs et un extra de temps en temps, quand le salaire mensuel est de 11 000 roupies mauriciennes par mois (salaire de base pour les ouvriers). 

C'est le défi des mères de familles, qui souvent, doivent répondre aux attentes logiques de plusieurs bouches (enfants, mari, parfois des parents âgés). 

Pour mieux appréhender la difficulté, il faut convertir la roupie en euro : 11 000 Rs (soit 244,04 €) et si les deux parents occupent des emplois de base : 22 000 Rs 488,08 €.

Défimédia nous apprend : "Actuellement, il faut compter en moyenne Rs 8 000 à Rs 10 000 pour un caddie à la fin du mois. Ce montant ne comprend pas l’achat de légumes, de viande, de poulet et de poisson". 

Dans ces conditions, sans surprise, les clients et clientes sont contraints de faire des choix et souvent de renoncer à leurs désirs. La viande, le poisson disparaissent des tables. Imaginez, dans l'île sœur, l'huile a augmenté de 100%, le lait en poudre de 40 à 50% et les grains secs de 10%.

Les supermarchés désertés 

Le Mauricien effectue le même constat. Les grandes surfaces comptent les clients. Passer en caisse n'est plus un calvaire. Les rayons sont déserts, les paniers et les caddies s'allègent. Une employée constate : "Les gens hésitent avant d’acheter. Ils relèvent les prix, comparent et essaient de trouver moins cher. C’est ce que je fais aussi, je cherche une version moins chère des produits puis j’achète. Ce n’est plus comme avant l’argent se fait très rare et on ne peut pas se faire plaisir".

Les vendeuses, des magasins de vêtements, s'inquiètent. Elles passent des journées, seules, sans voir un client. Les grandes enseignes, qui possèdent des boutiques avec des étages, proposent des promotions, sans succès. Moins, 50, 60 ou 70%, pas une cliente franchit le seuil. 

Les stocks s'entassent. Pour les produits périssables, cette situation va devenir insoutenable ! 

L'économiste, Kevin Teeroovengadum, annonce la couleur : "La crise va durer longtemps" et d'argumenter, "En Angleterre et en France, les gouvernements sont sous pression pour trouver des solutions pour aider la population".

Dans ce contexte, les boutiques refusent, désormais, de faire crédit. 

Pour subvenir aux besoins essentiels, les Mauriciens renoncent aux loisirs et aux sorties.