Meurtre d’André Camalon : Jean-René Moulouma condamné à 24 ans de réclusion criminelle, les deux autres accusés à 20 ans

justice
Cour d'appel Assises
©IPR
Troisième et dernier jour du procès du meurtre d’André Camalon, en 2017 à Sainte-Anne. Les trois accusés ont été reconnus coupables. Jean-René Moulouma est condamné à 24 ans de réclusion criminelle, Georges Loto et Sylvain valentin à 20 ans. 
Jugés depuis mercredi 23 septembre, les trois accusés, Jean-René Moulouma, Georges Loto et Sylvain Valentin, ont été reconnus coupables de vol avec voiolences et séquestration des époux Camalon, suivi de mort, ce vendredi 25 septembre à l’issue d'un procès de 3 jours.

Jean-René Moulouma a été condamné à 24 ans de réclusion criminelle, avec deux tiers de peine de sûreté. Georges Loto et Qylvain Valentin à 20 ans de réclusion criminelle. La soeur de Sylvain Valentin, Eloïse Grondin, est reconnue coupable de recel de vol aggravé, et condamnée à 3 ans de prison avec sursis. Tous ont 10 jours pour faire appel. 

Ils comparaissent devant la Cour d’Assises pour le meurtre d’André Camalon. L’agriculteur de 77 ans est décédé à la suite d’un cambriolage en 2017. Dans la nuit du 14 au 15 avril 2017, plus précisément, les hommes sont accusés de s’être introduits chez la victime et de l’avoir violenté. Il décèdera des coups qu’il a reçus.


Un accusé agité

Ce vendredi matin, la cour a poursuivi les enquêtes de personnalité de Sylvain Valentin et Jean-René Moulouma. Mais au moment de la lecture du rapport le concernant, Jean-René Moulouma a monopolisé la parole, empêchant la présidente du tribunal de le lire.
 

" Cela fait trois jour qu’on est là et en attendant je suis en prison pour rien. Ce sont des accusations graves sur des gens que je considère comme ma famille. "

Jean-René Moulouma, un des trois accusés



La présidente décide de lui donner 45 minutes pour s’exprimer, s’en suit un monologue incohérent sur son enfance, ses diplômes passés en prison, son ancien travail, ou encore le Covid.
 

"Tout est contestable", pour l'avocat de Jean-René Moulouma

A 11h, le monologue a cessé et les plaidoiries peuvent commencer. Lors de la plaidoirie de la partie civile, Me Djalil Gangate a été interrompu par Jean-René Moulouma. La présidente s’est emportée et lui a demandé de se taire à plusieurs reprises sous peine d’être exclu de la salle d’audience. L’accusé s’est finalement calmé.

Pour l’avocate générale, la présence des trois agresseurs présumés chez les époux Camalon ne fait aucun doute. Peu importe qui a porté le coup fatal, la responsabilité de chacun d’entre eux est tout aussi importante.

Les plaidoiries ont été suivies des réquisitions, à la mi-journée. L'avocate générale requiert la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre des trois accusés, dont 18 ans de sûreté pour Jean-René Moulouma. 5 ans de prison avec sursis ont également été requis à l'encontre d'Eloïse Grondin, la soeur de Sylvain Valentin, qui aurait caché une part du butin chez elle. 

Les plaidoiries des avocats de la défense se sont déroulée en début d'après-midi. L'avocate d'Eloïse Grondin a rappelé que sa cliente ne savait pas ce qu'elle cahait au départ. Ce n'est que plus tard qu'elle a compris, mais elle n'est pas allée dénoncer les faits après avoir fait le lien entre la somme d'argent que lui avait confié son frère et le cambriolage mortel, parce qu'elle s'estimait "dans le pétrin".

Pour Me Ibrahim Akhoun, l'avocat de Sylvain Valentin, le frère d'Eloïse, il n'y a pas de doute sur son " implication dans le cambriolage chez les Camalon, mais son client " n'a pas le sang de Mr Camalon sur les mains. Il a affirmé qu'il y a une différence de degré dans la commission de ces faits" et qu'il ne mérite pas la perpétuité car il n'était là que pour l'argent.

L'avocat de Georges Loto, Me Julien Barraco a reconnu pour sa part qu'il sera difficile de savoir qui a fait quoi ce soir-là, mais il faut aller au plus près de la vérité, selon lui. Il a estimé que dans ce cambriolage, il y avait bien eu 3 personnes : un meneur, un ipulsif et un passif, qui se trouve être son client. Il l'a dit coupable car " il a fait preuve d'une lâcheté énorme ", il n'a pas réagi pour éviter le pire. L'avocat a enfin fait remarqué que si le casier de Georges Loto était chargé en vols, son client n'a jamais commis de violences. 

Est ensuite venu le tour de l'avocat de Jean-René Moulouma. Me Henri Moselle a déclaré que le cambriolage n'aurait jamais eu lieu si Sylvain Valentin n'avait pas écarté les barreaux de la fenêtre de la cuisine pour y entrer. " Il y a une personne de trop dans le box des accusés", a-t-il affirmé, car selon les preuves, seules 2 empreintes ont été retrouvées dans la chambre et la salle de bain. Il a rappelé que malgré 3 perquisitions au domicile de Jean-René Moulouma, aucun argent n'a été trouvé. " Comme tout le monde accuse Mr Moulouma, cela fait de lui un coupable idéal, mais il faut des preuves ! Et là, tout est constable " a conclut Me Henri Moselle.

Avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, les accusés ont pris une dernière fois la parole. Georges Loto et Sylvain Valentin ont demandé pardon à la famille, le dernier ajoutant " ce soir-là on était 3. Moi, Georges et Moulouma ". Jean-René Moulouma a pour sa part fait référence à la plaidoirie de son avocat, " voilà ce que je voulais entendre. Me Moselle a bien fait son travail, comme vous tous d'ailleurs."

Le verdict est attendu dans les prochaines heures.
 

Deux accusés reconnaissent les faits, un les nie

Hier, jeudi 24 septembre, les trois accusés ont eu à s’expliquer. Deux d’entre eux, Georges Loto et Sylvain Valentin ont reconnu les faits. S’ils avouent avoir participé au cambriolage, la violence serait du fait de Jean-René Mouloum, selon eux.

Selon ses complices présumés, ce dernier serait à l’initiative du cambriolage, et pire l’auteur des violences ayant entraînées la mort d’André Camalon. Une version que continue de nier en bloc Jean-René Moulouma.
 
 
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