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Mort de Johnny Clegg : Témoignages de personnalités

Le « Zoulou blanc » a eu l’occasion de côtoyer plusieurs personnalités réunionnaises durant ses déplacements dans l’île entre 1987 et 2017.
 

© Capture d'écran YouTube
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  • Alexis Vallée
  • Publié le , mis à jour le
L’Afrique du Sud pleure… La Réunion pleure… Mais les souvenirs de Johnny Clegg demeurent à travers ses chansons, ses actes mais aussi ses rencontres. Au cours de ses représentations à La Réunion, l’artiste sud-africain a fortement marqué le public réunionnais de ses débuts à sa tournée d’adieu lors de la "Nuit du Piton" à Saint-Joseph en décembre 2017.
 

La découverte d’un artiste et d’un homme


Alain Courbis a accueilli Johnny Clegg à La Réunion en 1987. Cette année-là se tenait le Festival de Châteaumorand au stade de l’Est (Saint-Denis). Si le chanteur était encore méconnu du grand public, il a pourtant marqué les esprits avec ses chansons engagées et son message de paix. Encore aujourd’hui, il se rappelle de cet homme humble et combatif.

« J’ai eu l’honneur de l’accueillir en 1987 avec Paul Mazaka. C’était l’époque où il commençait à avoir du succès à l’international. Il incarnait un message de paix et de force. Il n’y avait pas beaucoup de blancs qui prenaient de telles décisions contre le régime de l’apartheid. Lui, il a su mettre son talent d’artiste au service d’une cause. Il faut imaginer… Un artiste blanc sud-africain qui venait délivrer un message d’amour, de paix et de lutte contre le racisme avait tout son sens à La Réunion. Lorsque Johnny Clegg a vu que le public était de toutes les couleurs, il a tout de suite été séduit par la société réunionnaise.

A l’époque, il n’était pas la star qu’il allait devenir. Les gens venaient surtout voir les groupes américains. Finalement ils ont été agréablement surpris de voir un groupe de musique africain de toutes les  couleurs qui mélangeait la pop, le rock, l’Afrique et des danses zoulous. Il est devenu un véritable temps fort de ce festival.

L’art est un vecteur de message et de défense de valeur importante dans le monde. C’est important que des artistes comme Johnny Clegg existent encore aujourd’hui.


Mais il était conscient que son combat était difficile car il a été souvent menacé dans son pays. La société s’opposait à ce blanc qui luttait contre l’apartheid. Il voulait simplement partager son message et la culture sud-africaine dans un esprit de mixité.

Son succès n’était pas seulement lié au message dont il était le symbole. C’était aussi un grand artiste entouré de ses amis, de ses musiciens. Quand il s’est produit à La Réunion, il s’est rapproché de plusieurs artistes réunionnais. Il avait une force aussi bien sur le fond que sur la forme : c’était de la belle musique mais ce n’était pas que ça, c’était quelque chose de très profond et il croyait en la force de son combat pour la paix.

 

Un musicien fidèle à La Réunion


Le directeur du Sakifo, Jérôme Galabert, a connu le chanteur sud-africain lorsque celui-ci a participé en 2004 au festival qui se déroule à Saint-Leu. Le « Zoulou blanc » était devenu une véritable légende partout dans le monde.

« Je me souviens qu’il nous avait gratifiés d’un très beau concert. Les plus anciens retrouvaient l’énergie de 1987 pendant que les plus jeunes le découvraient. J’ai le souvenir d’une ambiance particulière. Il y avait beaucoup de joie qui se dégageait du groupe de musique. Nos discussions étaient très détendues et très cool.

C’était un grand monsieur doté d’une simplicité hors norme. Il avait un profond attachement à La Réunion et de ses valeurs.

Il incarnait un lien particulier entre La Réunion et l’Afrique du Sud. Ce n’est pas par hasard si Johnny est venu plusieurs fois à La Réunion et si on a créé une collaboration avec l’Afrique du Sud (le Zakifo).

L’apartheid était un sujet qu’on pouvait aborder. En 2004, il se demandait quel serait le futur de son pays qui avait conservé un traumatisme considérable. Il faudra du temps pour que la société sud-africaine digère l’apartheid. Mais les choses avancent.
»

Johnny Clegg laisse une partie de son héritage musical et idéologique aux Réunionnais. Pour sûr, Asimbonanga ou Scatterlings of Africa ne manqueront pas de résonner pour longtemps dans le coeur de chacun d'entre eux. 

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