Naufrage du Wakashio : "Une catastrophe écologique"

océan indien
Wakashio échoué à Maurice 26 juillet 2020
©Capture d'écran MBC
Les autorités mauriciennes l’ont finalement confirmé dans un communiqué tombé à la mi-journée. Il y a bien du fuel qui s’échappe d’une fissure qui s'est créée dans la coque du Wakashio, le vraquier échoué sur le récif de Pointe d’Esny depuis le 26 juillet.
La situation semble se compliquer sérieusement à Maurice où tous les regards sont braqués vers la localité de Pointe d’Esny, dans le Sud-Est. Pour rappel, le MV Wakashio, un vraquier transportant 200 tonnes de diesel et 3 800 tonnes de fuel, s’est échoué sur le récif le 26 juillet.

Ecoutez les explications de Finlay Salesse, journaliste à Radio One
 

Les explications de notre confrère de Radio One, Finlay SALESSE

 

Comme tous les Mauriciens, nous sommes tétanisés ! (...) Nous sommes en situation de catastrophe écologique avec des dégâts collatéraux importants. (...) Plus grave, les courants vont pousser cette huile vers l'Est et remonter vers les plus belles plages de notre pays et vers les plus beaux hôtels...

Finlay Salesse, journaliste à Radio One



Ce matin encore, dans un climat de suspicion générale, les autorités mauriciennes se sont montrées étonnamment rassurantes, en réaction aux images circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux et sur lesquelles on voit le navire s'enfoncer lentement.

"Le Wakashio ne peut pas couler", a assuré le directeur des affaires maritimes dans les médias de l’île Sœur. A en croire les représentants du gouvernement, c’est du fait d’une "manœuvre intentionnelle" visant à le rééquilibrer que le vraquier se serait à ce point incliné… Donnant ainsi l'impression qu'il coule.
 

"Le vraquier ne sombre pas"


"Le ministère rassure le public que, selon les experts, le Wakashio est stable, contrairement aux photos circulées sur les réseaux sociaux. Le vraquier ne sombre pas et ne va pas sombrer. Le processus pour l’opération de renflouage est en cours. Toutes les mesures sont prises par l’équipe de sauveteurs pour rééquilibrer le navire", a-t-on encore insisté du côté du gouvernement.

C'était sans compter sur ce coup de théâtre en fin de matinée, avec un communiqué du Ministère de l’Environnement : "Le ministère a été informé aujourd'hui 6 août 2020 à 11 heures qu'il y a une brèche dans le navire MV WAKASHIO et qu'il y a une fuite d'huile", confortant ainsi les craintes de certains observateurs locaux tels que le collectif Eco-Sud se présentant comme étant apolitique et oeuvrant pour la protection de l’environnement.
 
Fuite d'huile depuis la coque du Wakashio
De l'huile s'échappe du navire, a reconnu le gouvernement mauricien ce jeudi ©Collectif Eco-Sud

Sur place, l'odeur d'hydrocarbure rend l'atmosphère irrespirable, des vagues noires ont même été observées autour de l'épave.

"Toutes les autorités compétentes sont mobilisées sur place pour toute action nécessaire. L'équipe NCG et Polyeco prennent toutes les mesures nécessaires pour contenir la fuite. Des mesures supplémentaires sont également prises pour protéger ces sites en vue d'un déversement d'hydrocarbures prévu", est-il encore précisé dans le communiqué.
 

Une demande d'assistance à La Réunion


Le Ministère rajoute qu’un "contact a été établi avec les autorités de la Réunion pour assistance et un représentant de la Région Réunion nous apporte déjà son soutien".

D'autres organisations internationales et régionales ont également été informées du risque par l'intermédiaire du Ministère des affaires étrangères et une demande d'assistance supplémentaire est en cours.

Le député européen Younous Omarjee a quant à lui réagi sur Twitter : "J’appelle les autorités franco mauriciennes à tout faire pour eviter une catastrophe ecologique".
 
La population mauricienne et en particuliers les exploitants de bateaux et les pêcheurs sont priés de ne pas s'aventurer sur la plage et dans les lagons de la région (Blue Bay, Pointe d’Esny et Mahebourg). Les professionnels de la mer ont également été invités à "retirer immédiatement leurs bateaux de la plage et du lagon".
 
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