Nouvelle baisse de subventions des contrats PEC : l'inquiétude grandissante des associations et des élus à La Réunion

L'entretien des espaces verts fait partie des secteurs d'activité qui ont recours à des contrats PEC.
Ils œuvrent au quotidien, dans la gestion des déchets, l'entretien des sentiers ou encore dans le périscolaire. Les contrats Parcours Emploi Compétences (PEC) sont revus une nouvelle fois à la baisse à La Réunion. L'État diminue donc son aide financière. Les associations sont les premières à en subir les conséquences. Des élus appellent à une mobilisation.

Les Parcours Emploi Compétences (PEC) dans le viseur de l'Etat. Ce dernier réduit une nouvelle fois la voilure.

Dès le 31 décembre 2024, les modalités de financement et d'attribution de ces contrats aidés avaient déjà été revues à la baisse sur arrêté préfectoral. Le taux de prise en charge par l'Etat fixé à 60 % a été ramené à 53 %. Pour passer en cette fin mars 2025, à 43,5 %.

Coup de rabot également sur les durées de contrat, déjà réduites de 12 à 10 mois, elles sont abaissées à 6 mois.

"Travailler pour le quartier" 

Ces contrats aidés sont proposés aux personnes sans emplois rencontrant des difficultés d'insertion comme les chômeurs longue durée ou encore les bénéficiaires des minima sociaux.

Mathieu Legros fera prochainement partie de ces bénéficiaires. Il a été recruté en tant que contrat PEC Emplois Verts par l’association "Les Tamarins de l’Ouest" pour entretenir le quartier Combava, à Fleurimont, situé à Saint-Paul. Pour lui, "c’est l’occasion de travailler pour le quartier".

Dans cette même association, Amélie Moutoussamy est en contrat PEC depuis six ans en tant qu'animatrice socioculturelle. Elle est aujourd’hui en CDI.

"J’ai fait trois contrats PEC en tout. Ils ont vu que j’étais un élément essentiel au sein de l’association. Ils ont donc décidé de m’employer en CDI. Ça fait déjà un an et demi que je suis embauchée ici " raconte-t-elle fièrement.

"Certaines associations vont peut-être fermer"

Cette association de quartier fonctionne en grande partie grâce à ces contrats PEC. Pour l’heure, trois personnes y bénéficient dans cette structure. Quatre nouveaux sont attendus.

Des contrats financés par les collectivités et l’Etat. Mais, face au désengagement progressif de ce dernier, les associations craignent la fin de ces emplois d'insertion.

C’est l’inquiétude qui prédomine. La plus-value d’un contrat PEC dans notre quartier, elle est visible au niveau de la cohésion sociale et même en ce qui concerne l’entraide entre habitants. C’est dommage que l’Etat ne voit pas cette plus-value. Certaines associations vont peut être fermer, c’est dramatique"

Alexandrino Rebara, médiateur de l'association "Les Tamarins de l'Ouest"

Mobilisation des élus devant la préfecture 

Pour les collectivités, ces emplois aidés sont indispensables. Ils participent au bon fonctionnement des communes.

Sur une année pleine à Saint-Paul, c’est 180 contrats qui sont attribués à la commune. Et qu’on utilise ! Mais, c’est vraiment le strict nécessaire pour faire fonctionner les écoles, aider nos associations dans les quartiers sur le périscolaire. Et c’est vraiment important parce que c’est intimement lié à l’éducation de nos enfants

Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul

Pour la Région, ce désengagement financier de l'Etat remet en cause 253 contrats PEC dans les prochaines semaines.

Pour défendre ces emplois, la présidente de Région, les maires de Saint-Paul, Saint-Joseph et Saint-André appellent à la mobilisation ce mercredi 02 avril devant la préfecture.