Pourquoi la SICALAIT veut reprendre l'importation de vaches laitières de métropole ?

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La SICALAIT demande à l’Etat de reprendre l’importation, à La Réunion, de vaches laitières, de métropole. Elle était suspendue par arrêté préfectoral depuis 2006. L’objectif est d’assainir en leucose les cheptels, et de fournir plus de veaux aux futurs élevages. Explications.

La SICALAIT veut importer à La Réunion des vaches laitières de métropole. Depuis 2006, cette importation est suspendue par arrêté préfectoral, en accord avec les filières animales réunionnaises.

Une étude de faisabilité

LA SICALAIT veut désormais reprendre l’importation des vaches laitières pour "répondre aux besoins de la filière lait en vaches". Cela est-il possible ? Dans quel cadre sanitaire ? Sous quelles conditions de sécurité ? Depuis juin, une étude est en cours sur la faisabilité de reprendre cette importation d’animaux vivants. Elle est menée par la Chambre d’agriculture, la Fédération Réunionnaise des coopératives agricoles (FRCA), et le CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement). D’ici novembre, elle rendra ses conclusions et une décision devrait être prise. 

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

 

Eviter l'épisode leucose de 2003

"Tout est fait pour éviter l’épisode de leucose bovine de 2003 qui laisse encore un gros traumatisme dans les mémoires", assure Charles Adrian, directeur général de la SICALAIT. A l’époque, des animaux malades avaient été embarqués et introduits à La Réunion, contaminant ainsi les cheptels.

"Cette étude de faisabilité est destinée à établir à cadre stricte d’importation, poursuit Charles Adrian. Nous voulons aussi travailler avec des personnes de métropole qui exportent déjà dans des dizaines de pays du monde et qui ont une expérience solide et indispensable".

Assainir les cheptels et pérenniser la filière

La SICALAIT veut reprendre cette importation pour accélérer l’assainissement en leucose des élevages laitiers. La coopérative veut aussi fournir en vaches les 22 élevages qui sont en train de sortir de terre d’ici et 2022. En important ces vaches, l’objectif est aussi de "garantir un revenu solide aux éleveurs actuels et à leurs futurs collègues", explique Martha Mussard, présidente de la SICALAIT.

"Depuis 2016, nous sommes engagés dans le plan global de maîtrise sanitaire bovin (PGMSB) dans les élevages laitiers réunionnais, poursuit Martha Mussard. Depuis juin 2020, le lancement officiel du plan leucose de la Préfecture a accéléré ce que nous faisions déjà : 70% des 400 veaux femelles qui sortent chaque année de notre ferme, pour rejoindre les élevages laitiers réunionnais, sont désormais indemnes. Mais, ce n’est pas suffisant pour couvrir les besoins en animaux des éleveurs laitiers réunionnais".

Pour une filière lait péi autosuffisante

Selon la SICALAIT, sans importation de vaches de métropole, "il est difficile d’envisager le futur et la pérennité de la filière lait réunionnaise". "La filière lait est essentielle pour assurer l’autosuffisance alimentaire de notre île, rappelle Martha Mussard. C’est grâce aux éleveurs laitiers, qui ont continué à travailler comme d’habitude début 2020, que nous avons eu des produits laitiers dans nos supermarchés alors que nous étions tous confinés".

100 millions de litres consommés chaque année dans l’île

A La Réunion, la filière laitière génère "plus de 600 emplois directs et indirects et permet de produire 18 des 100 millions de litres de lait consommés chaque année à La Réunion", rappelle Charles Adrian, Directeur Général de la SICALAIT.