Presse régionale : débrayage au Quotidien après l’annonce d’un plan massif de suppression d’emplois

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Le quotidien ©Rahabia Issa
Ce lundi 26 octobre, un plan massif de suppression d’emplois a été présenté par la direction du journal Quotidien. Il prévoit la suppression de 40% des effectifs. Le SNJ et Solidaires ont appelé les salariés à un débrayage cet après-midi.
Les élus SNJ et Solidaires ont pris connaissance, ce lundi 26 octobre, du plan de suppression d'emplois prévu par la direction du Quotidien. Le journal est en redressement judiciaire depuis le 1er juillet dernier. 
 

Suppression de 40 % des effectifs

Examiné aujourd'hui, ce plan prévoit la suppression de 30 postes sur 70, dont 26 à la rédaction, et la fermeture de deux agences sur trois. Selon les syndicats, "il n’y a pas de priorité donnée au volontariat, et les journalistes qui restent auront l’obligation de signer des avenants à leur contrat sous peine de prendre eux aussi la porte".

Les élus SNJ et Solidaires ont appelé les salariés à un débrayage à 13h30. Ils estiment que ce plan "n'est pas acceptable en l'état et réclament sa modification en profondeur".

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :
Le Quotidien de La Réunion : près de la moitié des emplois menacés
 

L’avis des élus

Pour les élus, "le nombre de postes supprimés doit être drastiquement revu à la baisse, la priorité absolue doit être donnée au volontariat et les conditions de départ doivent être améliorées, à la hauteur de l'engagement dont les salariés ont fait preuve pendant des années".

Dans un communiqué publié ce lundi, les élus SNJ et Solidaires se demandent : "Qui peut croire que c'est en administrant un tel remède de cheval, qui consiste à amputer l'entreprise de plus de 40% de ses effectifs, qu'on la remettra d'aplomb et qu'on maintiendra sa place dans le paysage médiatique ?".

Ils estiment aussi que "la crise de la presse a bon dos". "Si Le Quotidien en est arrivé là, c'est aussi parce qu'il a été condamné au pire moment à verser 540 000 € à un de ses anciens directeurs parti de manière conflictuelle. Un revers prud'homal de plus, un de trop, qui a provoqué son impasse de trésorerie".

"Nous sommes conscients que le Quotidien est en difficulté, mais nous avons l’impression de payer au prix fort cette situation économique dégradée qui n’est pas complètement imputable aux salariés", 
estime Edouard Marchal, délégué syndical SNJ.
 

Colère et craintes des salariés 

Cet après-midi, les salariés ont fait part de leur colère et de leurs craintes. "Il y a la peur de perdre nos emplois, mais nous avons aussi peur de ce que va devenir le journal avec moins de journalistes, moins de sujets traités, et moins de proximité avec nos lecteurs", explique Gabrielle Charritat, journaliste localière au Quotidien.

Pour Lisa Mela, journaliste au Quotidien depuis plus de dix ans, "les conditions de travail se sont dégradées depuis un moment déjà". Responsable de la rubrique faits divers et justice, elle affirme : "en un an, nous sommes passés de sept à trois employés dans le service faits divers du journal".
 

"Un recul démocratique"

Co-délégué du syndicat Solidaires-Réunion, Pascal Valiamin a aussi réagi en dénonçant un "plan de destruction massive", "particulièrement injuste pour des femmes et des hommes qui se sont impliqués pour essayer de redresser cette entreprise".

Si le Quotidien devait disparaître, nous assisterions, selon lui, à "un recul démocratique". L'Union Syndicale Solidaires de La Réunion apporte tout son soutien aux salariés du Quotidien.
 
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