Quatre Réunionnais sur dix sont en situation de privation matérielle et sociale

société
centre ville de Saint-Denis
(Photo d'illustration) ©Imaz Press

L’Insee a publié, ce jeudi 17 décembre, une enquête sur les ressources et les conditions de vie en 2018 à La Réunion. Le constat est dramatique : quatre Réunionnais sur dix sont en situation de privation matérielle et sociale.

En 2018, 340 000 Réunionnais sont en situation de privation matérielle et sociale, soit 40 % de la population. Cette part est trois fois plus élevée qu’en France métropolitaine et du même ordre que le taux de pauvreté monétaire. C’est le résultat d’une enquête de l’Insee publiée, ce jeudi 17 décembre, sur les ressources et les conditions de vie en 2018 à La Réunion.

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

Précarité : 4 réunionnais sur 10 sont dans une situation difficile

 

Quelles privations ?

Ne pas avoir les moyens de se constituer une épargne, de s’acheter des vêtements neufs ou d’avoir une activité de loisir régulière… Autant de difficultés auxquelles les ménages peuvent être confrontés. Ces personnes sont privées de certains éléments considérés comme indispensables à une vie décente.

Certaines de ces privations élémentaires touchent une majorité de la population, comme l’absence d’épargne (sept personnes sur dix), l’incapacité à se payer des vacances (six personnes sur dix) et la difficulté à s’acheter de nouveaux meubles (plus de cinq sur dix). Autre exemple : un Réunionnais sur dix n’a pas les moyens de s’acheter une voiture. Les Réunionnais sont surtout concernés par une forte vulnérabilité financière, plus que matérielle ou sociale.

Qui est concerné ?

Les chômeurs, les parents isolés, les personnes en mauvaise santé, celles peu diplômées ainsi que les jeunes sont davantage concernés. Ils disposent en effet le plus souvent de revenus plus faibles, du fait de l’absence d’emploi ou de l’occupation d’un emploi à faible revenu. Par exemple, les privations matérielles et sociales concernent 58 % des personnes vivant dans une famille monoparentale, le plus souvent des mères isolées qui cumulent les facteurs de risques de pauvreté.

Quelles conséquences ?

Parmi les Réunionnais en situation de privation matérielle et sociale, 15 % rencontrent au moins trois difficultés liées à leur logement parmi quatre (humidité, bruit, logement surpeuplé, logement trop petit). C’est le double de ceux qui ne sont pas concernés par les privations.

Comme en métropole, seulement 10 % des Réunionnais confrontés à des privations matérielles et sociales remboursent des emprunts d’un montant supérieur au tiers de leurs revenus. Les ménages modestes, plus souvent en situation de privation, obtiennent moins facilement un crédit, et sont donc rarement très endettés. En revanche, les personnes en situation de privation se mettent souvent à découvert. Ainsi, 23 % d’entre elles se retrouvent à découvert régulièrement (au moins une fois par mois), soit deux fois plus que celles qui ne subissent pas de privations. En métropole, l’écart est de presque quatre fois plus.

Regardez ci-dessous la réaction de Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre Réunion : 

Mathieu Hoarau s'exprime sur la pauvreté à La Réunion