La communauté tamoule célèbre le Thaipusam

océan indien saint-andré
CAVADEE ST LOUIS 18012022
©REUNION LA 1ERE
A La Réunion, le Thaipusam, plus connu sous le nom de Fête 10 jours ou cavadee, est célébrée à plusieurs moments de l’année par les tamouls. En janvier, c’est à Saint-André et Saint-Louis que les pénitents défilent en l’honneur du dieu Muruga.

Ce matin, ils étaient près de 200 pénitents à Saint-Louis, 400 à Saint-André à porter le cavadee. Après les dix jours de pénitence, les porteurs se sont rendus à la rivière, avant l’aube, afin d’effectuer les ablutions nécessaires aux rites. Puis, après la bénédiction des cavadees et des pénitents, chaque procession a pris la direction des temples respectifs, menée par le Sâti Cavadee et le Vel.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Cavadee : avec ferveur mais presque sans aiguilles
Procession du Cavadee Saint-Louis 080220
Archive ©Loïs Mussard (Réunion la 1ère)

 

Derrière le chariot sur lequel repose la divinité, et tiré à bout de bras par des pénitents, la procession des cavadees et de leurs proches qui ont bravé la chaleur, les pluies et la fatigue pour honorer leur dévotion.

Une célébration marquée par les restrictions sanitaires

A Saint-André, comme à Saint-Louis, un protocole sanitaire strict était mis en place pour les festivités. Lors des neuf premiers jours, à Ti Bazar, les processions nocturnes dans les rues du quartier ont été remplacées par des cérémonies plus tôt dans la journée et seulement au sein du temple. Les traditionnels repas servis après les cérémonies ont été annulés.

A Saint-Louis, comme à Saint-André, le sacrifice des aiguilles a été annulé en raison de la crise Covid.

CAVADEE ST LOUIS AIGUILLES 18012022
©REUNION LA 1ERE

Une célébration en l’honneur de Muruga

Tout commence par une promesse. Un pacte entre le dieu Muruga et le pénitent. En fonction du souhait demandé, et de sa réalisation, on promet à la divinité de lever le Cavadee en son honneur sur une certaine période. Il s’agit alors de faire un carême de sept jours avant le début de la première des dix fêtes que compte le Thaipusam.

Puis, lors de chacune des fêtes, les pénitents se rendent au temple pour montrer leur dévotion et la volonté de voir leur promesse être réalisée. Le jour de la dixième, et dernière des fêtes, le pénitent porte alors le cavadee, ou un pot de lait pour les plus jeunes, afin d’honorer Muruga.

La grande procession du Cavadee à Saint-André.
Image d'illustration / Archive ©Laurent Figon

Muruga, également appelé Souplémanyel à La Réunion, est le plus jeune fils de Shiva, l’un des trois dieux principaux de la Trimurti, et de son épouse Parvati. Muruga est représenté chevauchant un Paon, son animal totem, et brandissant une lance. Appelée Vel, l’arme lui a été donnée par sa mère pour vaincre un démon.

Cavadee
©Jean-Régis Ramsamy

 

Muruga est un dieu guerrier, envoyé par son père Shiva pour aider les dieux dans leur lutte contre les démons. Les divinités voyant la bataille leur échapper avaient prié le dieu destructeur pour qu’il leur donne un commandant capable de les mener à la victoire. Muruga a été créé à partir de la puissance même, le shakti, de Shiva.

Porter le cavadee vient de la légende d’Idumban

Dans la mythologie indienne, c’est Indumban qui fut le premier à porter le cavadee. A la demande de son maître, le sage Agastya, Idumban devait porter deux collines vers un nouveau refuge dans le sud de l’Inde. Pour ce faire, le disciple accrocha les deux collines chacune à l’extrémité d’un bâton et les relia l’une à l’autre, par le haut, avec des bambous afin de les stabiliser. Puis il les porta sur ses épaules.

Mais au cours de son périple, fatigué, Idumban pris une pause près d’un endroit nommé Pajani.

Saint-Benoît : défilé du Cavadee
Le cavadee, l'arche de bambou ornée de fleurs et de tissus est porté à bout de bras par les pénitents. ©Willy Fontaine

 

C’est ainsi qu’il fit la connaissance du dieu Muruga. Ce dernier était fâché car il avait perdu un défi contre son frère, le dieu éléphant Ganesh. En voyant Idumban, il décida de lui lancer un défi à son tour, tout en testant sa dévotion, celui de lever les collines alors que lui-même, le dieu Muruga était assis dessus. Il s’avéra impossible pour Idumban de remporter le défi. Le discipline perdit même la vie dans sa vaine tentative.

Mais ressuscité par Muruga, Idumban fit le vœu que tous ceux qui lèveraient le cavadee et se rendrait au temple seraient bénis et verraient leurs vœux être exaucés. Quant à Idumban, il fut récompensé en devenant le gardien des temples du dieu Muruga.