Quelles réponses apporter après les dernières violences urbaines à Saint-Benoît ?

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Réunion CLSPD suite aux violences urbaines à Saint-Benoit
©Stéphane Enilorac
Le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance se réunit ce mardi 23 novembre à Saint-Benoît. L’objectif des pouvoirs publics est d’enrayer le phénomène de violences urbaines sur la commune. Le 3 novembre dernier, des jeunes issus de bandes rivales s’étaient violemment affrontés.

Le dernier épisode de violences urbaines survenu dans la nuit du 3 novembre dernier, à Saint-Benoît, est à nouveau au centre des débats ce mardi 23 novembre. Un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) se tient en effet ce matin à la mairie de Saint-Benoît.

L’objectif pour les pouvoirs publics est de trouver des solutions afin d’éradiquer ce phénomène de violences. Le soir des faits, des affrontements avaient eu lieu entre des bandes rivales des quartiers de Bras-Fusil et de la Cité Labourdonnais. Et des habitations ainsi que des voitures avaient été caillassées.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Violence à Saint-Benoît : les autorités mobilisées

Identifier les problèmes

En réaction, le maire Patrice Selly avait appelé à la tenue de ce CLSPD afin "d'identifier les origines des problèmes de délinquance sur le territoire et surtout d'apporter des solutions adaptées". L’élu pointe notamment du doigt la responsabilité des parents des mis en cause qui sont pour certains très jeunes et appelle à la mise en place de sanctions fortes.

C’est l’un des points abordé au cours de ce CLSPD auquel participe également le préfet Jacques Billant, le sous-préfet Michaël Mathaux, la procureure de Saint-Denis Véronique Denizot, mais aussi les représentants de la gendarmerie, les bailleurs sociaux ou encore la Caisse d’allocations familiales.

Création d'un Groupe local de traitement de la délinquance

Première mesure qui a été prise : la création d'un GLTD, un Groupe local de traitement de la délinquance. "Il est mis en oeuvre pour traiter les phénomènes de délinquance avec tous les partenaires qui peuvent apporter une réponse", a expliqué Véronique Denizot.

Le GLTD conduira dans les prochains jours à concentrer les moyens humains sur le quartier de Bras Fusil pour mettre un terme aux troubles à l’ordre public. Chaque infraction constatée dans ce quartier fera l’objet d’une réponse judiciaire rapide et adaptée.

La procureure de la République délivrera aux forces de l’ordre des réquisitions pour procéder à des contrôles d’identité aux fins de recherche et de poursuite d’infractions. Ces contrôles permettront également d’identifier les mineurs qui seraient en danger au titre de la protection de l’enfance.

"Pas seulement une interpellation de la gendarmerie et une réponse du parquet, mais aussi un accompagnement de l'Education nationale, du service social, de la Caf et des services de protection de l'enfance". Le but étant, indique encore la magistrate, de limiter le risque de récidive.

La caisse d’allocations familiales annonce par ailleurs la création prochaine d’un centre social à Bras-Fusil. Le maire de Saint-Benoît annonce le recrutement de 8 médiateurs sociaux de nuit supplémentaires dans ce quartier, afin de prévenir les violences.

Le quartier de Bras-Fusil au coeur des préoccupations

Le préfet Jacques Billant a fixé trois objectifs pour ce CLSPD. Pour le représentant de l’Etat, il est important d’occuper le terrain de façon optimale, d’améliorer les capacités d'investigation pour interpeller les fauteurs de trouble mais aussi "d’approfondir la culture de la prévention".

Selon les services de gendarmerie, la délinquance serait maîtrisée sur Saint-Benoît depuis quelques années. Mais la compagnie de Saint-Benoît confirme être préoccupée par les violences de ces dernières semaines à Bras-Fusil, sans compter que les forces de l’ordre sont, elles-mêmes, régulièrement prises pour cible.

Pour les forces de l’ordre, il s’agit de cibler prioritairement ce quartier de Bras-Fusil. Et les gendarmes sont aussi régulièrement confrontés à des individus très jeunes, parfois seulement âgés de 13 ans. D'où l'importance pour les autorités de traiter le problème de façon globale.