Violences à Bras-Fusil : le maire de Saint-Benoît demande "des interdictions de territoire à l'encontre des fauteurs de troubles"

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Patrice Selly, maire de Saint-Benoît.
Patrice Selly, maire de Saint-Benoît. ©Imaz Press
Après des nuits de violences à Bras-Fusil, sept personnes ont été interpellées puis relâchées. "Bras-Fusil est devenue une zone de non-droit ?", interroge Patrice Selly. Le maire de Saint-Benoît demande que la Justice prononce "des interdictions de territoire à l'encontre des fauteurs de troubles".

"Bras-Fusil est officiellement devenue une zone de non-droit ?", s'interroge Patrice Selly, le maire de Saint-Benoît, lors d'une conférence de presse, ce lundi 24 janvier. Avocat de métier, il demande à la Justice de prononcer "des interdictions de territoire à l'encontre des fauteurs de troubles pour envoyer un signal responsable face aux délinquants et à ceux qui les couvrent".

Après plusieurs nuits de violences dans le quartier de Bras-Fusil, sept individus interpellés ont été relâchés.

"On nous abandonne"

Le maire de la ville assure "ne pas comprendre cette décision". "Quel est le message envoyé à notre population et aux délinquants ? L'impunité ?, interroge-t-il. J'ai l'impression qu'on nous abandonne". "Qu'attend la justice? Qu'il y ait des morts ? Parce que ça va arriver si on continue de détourner les yeux", lance Patrice Selly.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Saint-Benoit : le maire réclame de lourdes sanctions

 

Deux personnes blessées

Le week-end dernier, des affrontements ont eu lieu entre bandes rivales, et des habitants ont aussi été pris pour cible. Deux personnes ont été agressées. Un homme de 70 ans, ainsi qu'un jeune qui a eu un poumon perforé et un traumatisme crânien. "Les deux victimes sont toujours hospitalisées, mais leur état s'améliore", annonce le maire qui déplore "deux agressions totalement gratuites".

"Des meutes de jeunes"

"Les affrontements ont lieu entre des jeunes alcoolisés, sous effets, et dangereux", assure-t-il.

On parle de meutes de jeunes, comme on parle de meutes de chiens, qui attaquent sans raison, sans motif. La violence pour le plaisir de la violence. Ces faits récents et récurrents sont des atteintes à notre sécurité.

Patrice Selly

 

Patrice Selly dénonce des politiques d'urbanisme et de logement "qui montrent leurs limites depuis 40 ans". "Nous avons créé des ghettos en empêchant les maires de gérer ces politiques", assure-t-il.

Les communautés mahoraise et comorienne ciblées

"Bras Fusil est un quartier qui a été communautarisé avec des difficultés d'intégration, des modèles sociaux et familiaux différents, et une démission totale des parents, pour certaines familles, affirme Patrice Selly qui fustige des "mineurs livrés à eux-mêmes dans les rues jour et nuit". "Ces jeunes et ces parents font du mal à notre ville, à leur propre communauté et à notre vivre ensemble. C'est une réalité mais il y a un tabou, car on ne peut pas le dire", poursuit-il. Sans les nommer dans un premier temps, Patrice Selly finit par reconnaître qu'il parle des "communautés mahoraise et comorienne".

"Expulser les familles des fauteurs de troubles de leur logement"

La municipalité est déterminée "à ce que les délinquants rendent des comptes". Patrice Selly souhaite que "les bailleurs sociaux puissent expulser les familles de jeunes qui sèment le trouble pour envoyer un signal fort aux parents irresponsables".

Renforts de gendarmes

La mairie va aussi saisir la CAF, la Caisse d'Allocations Familiales, "en cas de suspicion de fraudes" pour les familles "déjà connues défavorablement des forces de l'ordre", ajoute-t-il.

Une brigade exceptionnelle de la police municipale a été déployée la nuit dernière. Huit médiateurs de nuit seront déployés sur la commune, dès le début du mois de février. Des vidéos surveillances seront étendues après le centre-ville, à Bras-Fusil.

Des gendarmes ont aussi été déployés dans la nuit pour sécuriser le quartier. La mairie demande des renforts et l'envoi de CRS pour les jours qui viennent. Selon Patrice Selly, mairie, Etat, Justice, "tous les acteurs publics doivent travailler main dans la main pour arrêter ces violences".