Moins d’un mois après le passage du cyclone Garance sur La Réunion, de nombreux sinistrés restent dans des situations compliquées. Les habitants du quartier de La Colline, au Bas-de-la-Rivière, à Saint-Denis, ont pour certains perdu leurs habitations.
Des maisons détruites qu’ils ne pourront pourtant pas reconstruire. Situés en zone rouge, ils doivent partir. La municipalité met donc en place un dispositif de relogement des foyers sinistrés.
Plusieurs solutions de relogement ont été proposées. Le Fonds Letchimy pourra être mobilisé pour las habitants non-assurés vivant en zone rouge, dans des conditions prévues par la loi, assure la ville.
Un secteur dangereux, la délocalisation est recommandée
Le cyclone Garance nous a montré, avec des débits extrêmes auxquels a été confronté la rivière, qu’on pouvait avoir des conséquences dramatiques. Des maisons ont été emportées, des habitations ont été touchées, et donc c’est un secteur qui est dangereux pour vivre.
Ingrid Girardeau, directrice du BRGM de La Réunion
Le BRGM préconise des " évacuations systématiques dès les vigilances jaunes émises par Météo France ". Les autorités recommandent donc la " délocalisation du quartier, notamment avant la prochaine saison cyclonique ".
Le BRGM indique que le village de la Colline est exposé à des risques majeurs de crues, de glissements de terrain et de chute de pierres, aggravés par des épisodes météorologiques intenses. Si les habitants de la rive droite plus impactés que ceux de la rive gauche, tous sont situés en zone rouge.
Pas de reconstruction possible
Le secteur est en zone rouge, il n’est donc pas compatible avec une habitation pérenne, explique Ingrid Girardeau, directrice du BRGM de La Réunion. Impossible de reconstruire une habitation détruite par un évènement naturel, lorsqu’elle se situe en zone rouge, précise-t-elle.
Le secteur est " tellement enclavé " entre deux remparts, et les mouvements de la rivière, que la solution la plus adéquate reste la délocalisation du secteur.
L’endiguement abandonné
Pour les habitants, l’endiguement permettrait de sauver leur quartier. Impossible répond le BRGM. L’endiguement est techniquement compliqué et très onéreux, et surtout " un endiguement ne protège pas à 100% ".
Aujourd’hui avec le changement climatique, on peut être confronté à des débits de plus en plus importants, de plus en plus forts et donc cette digue ne protègera pas à 100%.
Ingrid Girardeau, directrice du BRGM de La Réunion
Aucune solution pérenne ne permet de maintenir les habitants dans leur quartier en toute sécurité, ils doivent donc partir.
Trouver des solutions de mise à l’abri pour 35 familles
La zone ne peut plus être habitée, il s’agit de se mettre d’accord avec les familles sur les possibilités de relogement ou de relocalisation sur un autre site.
Albert Marimoutou, directeur général des services de la mairie de Saint-Denis
Les familles ont été recensées et contactées, soit 35 familles. La plupart d’entre elles ont constitué un dossier de demande de relogement. Vendredi 21 mars, deux familles avaient été relogées, une restait en hébergement provisoire. Une enquête sociale sera réalisée auprès des autres pour évaluer les besoins.
La mairie et les autorités se donnent deux semaines de prise de contact avec les familles pour évaluer en fonction de leurs besoins la meilleure solution pour les prendre en charge.