PORTRAIT. Marcel Bilin, éleveur de cerfs à Mafate

Marcel, éleveur de cerfs à Mafate.
Captivé par ces animaux depuis l'enfance, Marcel Bilin a réalisé son rêve : élever un troupeau de cerfs au cœur du cirque de Mafate. Une activité gratifiante mais loin d'être une sinécure.

Sous la silhouette pointue du Piton Calumet, à Grand-Place-les-Hauts, le randonneur non averti pourrait faire une rencontre assez surprenante. Si les volailles ou les cochons sont monnaie courante dans le cirque de Mafate, il est en effet plutôt rare de tomber nez à nez avec quarante cerfs, biches et faons pas si farouches.

Cerfs à Mafate.


Ces bêtes élégantes et vigoureuses ne vivent pas à l'état sauvage, mais font partie de l'élevage de Marcel Bilin. Gîteur de métier, il s'est lancé dans cette activité en 2009 afin de réaliser un rêve d'enfant.

Regardez le reportage de Réunion la 1ère :

Portrait. Marcel Bilin, éleveur de cerfs à Mafate ©Réunion la 1ère

"Je me sens bien avec eux"


Chaque jour, pendant trois heures, il nourrit le troupeau de maïs concassé et de canne fourragère. 
"Je me sens bien avec eux, c'est mon bonheur. Je leur parle pendant trois heures chaque jour. Ils sont là, autour de moi", apprécie le Mafatais.


Pour l'heure, cet élevage n'a pas encore de visée commerciale. Le gîteur souhaite atteindre 150 têtes avant de pouvoir en exploiter la viande. 

Attaques de chiens errants


Mais s'occuper d'un tel troupeau dans un site aussi isolé que Mafate n'est pas sans certains aléas. En moins de dix ans, ses bêtes ont subi plusieurs attaques de chiens. En 2016, il a ainsi perdu la moitié de ses bêtes. Puis encore treize biches retrouvées mortes un matin de 2022.


"C'était la cinquième fois que mes troupeaux étaient attaqués. Maintenant, la nuit quand j'entends des chiens, je me lève et je vais leur rendre visite" explique Marcel Bilin.

Marcel, éleveur de cerfs à Mafate.

"Beauté de la bête"


Malgré tout, il ne se voit pas renoncer à son rêve. Ce qu'il apprécie, "c'est la beauté de la bête." "J'aurais pu faire des cabris, j'en avais quelques-uns auparavant" raconte l'éleveur. "Mais moi, ce que j'aime, c'est de les voir courir, quand ils galopent, avec l'instinct sauvage."


Des moments suspendus dans le temps, où l'animal aide l'homme à communier avec la nature.