Procès des Sinimalé : un an ferme et 10 ans d'inéligibilité requis contre l'ancien maire et sa fille

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Procès du clan Sinimalé
Joseph Sinimalé et sa fille Sandra sont soupçonnés d'être intervenus dans le recrutement et la progression professionnelle d'Eric Madouré au sein de la mairie de Saint-Paul. ©Réunion La 1ère
Comment, en moins de deux ans, le gendre de l’ancien maire de Saint-Paul Joseph Sinimalé est-il passé du poste de chauffeur à celui de collaborateur de cabinet ? C’est la question que se pose le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Le délibéré sera rendu le 5 novembre prochain.
Trois prévenus se retrouvent à la barre, Joseph Sinimalé, mais aussi Sandra Sinimalé qui est la compagne d’Eric Madouré. Ils sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de fonds publics et de prise illégale d'intérêts.

Les magistrats sont revenus sur le parcours d’Eric Madouré. Après une carrière de militaire en métropole,  l’homme de 45 ans est rentré à la Réunion en 2013. Il rencontre assez vite Joseph Sinimalé qu’il aide dans sa campagne municipale. A sa victoire aux municipales en 2014, le maire trouve normal de trouver un poste pour "récompenser" Eric Madouré de son engagement.

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :
 
Justice : prison ferme requise pour Joseph Sinimalé

 

Le salaire maximum pour le gendre du maire

"C’est moi qui décide de le recruter", confirme Joseph Sinimalé. Le maire de Saint-Joseph n’a pas le permis mais il a trois chauffeurs ! Eric Madouré sera payé environ 2 000 euros par mois pour ce poste de catégorie C. Puis Joseph propose à son chauffeur… un poste de collaborateur au cabinet de la mairie pour lequel ce dernier va toucher le salaire maximum de la grille : 4 560 euros brut.

Le président du tribunal Bernard Molié se demande s’il ne s’agit pas d’une "erreur de casting". Car Eric Madouré n’a pas le profil, ni les diplômes requis. Interrogé, le gendre de l’ancien maire de Saint-Paul est très confus dans ses propos.
 

Des contrats signés par Sandra Sinimalé...

La fille de l’ancien maire, Sandra Sinimalé, était, elle, en charge de la gestion du personnel communal. A-t-elle également joué un rôle dans l’embauche de son compagnon et son ascension professionnelle fulgurante à la mairie ? Elle dit ne pas comprendre ce qu’on lui reproche et renvoie la balle à son père.

Mais c’est bien elle qui a signé les contrats d’embauche d’Eric Madouré... "Je fais confiance à l’administration", répond-elle pour se dédouaner. Elle reconnaît néanmoins avoir choisi de donner la rémunération maximum à son compagnon.

Joseph Sinimalé et son avocat Me Jean-Jacques Morel assurent que cette relation amoureuse entre sa fille et Eric Madouré est postérieure au recrutement. Elle remonterait à 2015. Mais une fois de plus, tout semble confus à la barre du tribunal correctionnel. Le couple parle de 2014, puis de 2015. Pendant sa garde à vue, Sandra Sinimalé avait déclaré qu’elle fréquentait déjà Eric Madouré lors de son recrutement…
 

Un préjudice de 200 000 euros selon la partie civile

Pour l'avocat de la partie civile, Me Rémi Boniface, Eric Madouré s'est enrichi sur le dos de la commune. Le conseil estime le préjudice de la municipalité à hauteur de presque 200 000 euros.

Sandra Sinimalé travaille maintenant à la SPL Tamarun. Eric Madouré s’est, lui, vu accorder un congé de formation professionnelle dans le milieu agricole. Là encore, il s’agit de déterminer s’il n’a pas bénéficié d’un régime de faveur. Il envisageait de quitter la mairie mais il travaille aujourd’hui… au service Environnement de la mairie.
 

Un an de prison ferme et 10 ans d'inéligibilité requis

Le procès démarré à 8h, se poursuivait encore en début d'après-midi. Aux alentours de 13h, le procureur de Saint-Denis Eric Tufféry a requis une peine de trois ans de prison dont un an ferme à l'encontre de Joseph et Sandra Sinimalé, ainsi que dix ans d'inéligibilité. Il a demandé trois ans de prison avec sursis à l'encontre d'Éric Madouré. Le tribunal rendra sa décision le 5 novembre prochain.