Saint-Pierre : Le procureur réagit après la mort d'un détenu franco-mauricien

océan indien saint-pierre
Maison d'arrêt de Saint-Pierre
©Réunion la 1ère
Yoan Spanu, 32 ans, aurait était assassiné. Depuis le 7 novembre et l'annonce de la découverte du corps sans vie de son frère Anthony affirmait qu'il avait été victime d'un meurtre. La contre-autopsie effectuée, ce mercredi, par un médecin légiste mauricien confirme la thèse criminelle.  
"Si vous ne me libérez pas immédiatement, je vais mourir", c'est la phrase prononcée par Yoan Spanu lors de son passage devant le juge des libertés et de la détention de Saint-Pierre le 6 novembre 2018. 24 heures plus tard, le Réunionnais d'origine mauricienne, était retrouvé pendu dans les toilettes de la maison d'arrêt de Saint-Pierre. 

Cette affirmation n'était pas, juste, une phrase lancée à la cantonade par un prévenu agité. Si la contre-autopsie pratiquée, ce mercredi 14 novembre 2018, par un médecin légiste mauricien à la demande de la famille de la victime se confirme, l'affaire devient criminelle.
 

La victime avait parlé de la menace de mort 


Dans l'hypothèse d'une confirmation, la justice va devoir trouver les auteurs, mais également déterminer les responsabilités dans ce dossier. Ce d'autant plus que Yoan Spanu avait alerté, les magistrats, sa famille, sa fiancée et les autorités sur le danger qu'il encourait. 
Dans le journal l'Express de Maurice, le frère du disparu précise: "Ils vont me droguer, me pendre et faire passer ma mort qu’ils préparent pour un suicide", d'où cette interrogation d'Anthony, "avec de tels propos et mises en garde de mon frère, la moindre des choses aurait été de le mettre en isolement, mais apparemment, c'était trop demandé".
 

Une bagarre avec son colocataire 


Pour mémoire, le jeune homme avait été incarcéré, à la suite d'une violente bagarre avec son colocataire. Il était poursuivi pour tentative de meurtre. Des faits qui s'étaient déroulés le 30 octobre dernier, mais qui n'étaient très clairement établis. À l'issue de son passage devant le juge d'instruction, le jeune homme avait demandé un délai pour préparer sa défense. Que s'est-il passé derrière les murs de la maison d'arrêt ? Impossible de répondre à cette question, mais le 6 novembre lors de son passage devant le JLD, Yoan était certain d'être assassiné dans les plus brefs délais...

 
Le parquet de Saint-Pierre réagit.

COMMUNIQUE DU PROCUREUR DE SAINT-PIERRE

"Je vous informe avoir été informé par la presse de la pratique d’une contre-autopsie du corps de Yoan Spanu par un médecin mauricien, à la demande de la famille. Cette autopsie, dont on ignore les conditions de réalisation, conclurait à un homicide.

Je vous indique que dans le cadre de l’enquête pour recherche des causes de la mort ouverte par le parquet de Saint-Pierre, et toujours en cours :
  • l’autopsie réalisée par deux médecins légistes de l’institut médico-légal de la Réunion a conclu sans équivoque à un décès par suicide ;
  • aucune trace suspecte d’intervention d’un tiers et aucune violence sexuelle n’ont été relevées ;
  • par précaution, des analyses toxicologiques ont été requises, dont les résultats ne sont pas encore connus ;
A l’issue des opérations médico-légales, le corps a été restitué à la famille, qui n’a formulé aucune demande de contre-expertise.
A ce stade, la famille n’a adressé aucun document aux enquêteurs ou au parquet. En tout état de cause, tout élément nouveau et pertinent sera examiné avec la plus grande attention, dans l’objectif commun de parvenir à la manifestation totale de la vérité".

Laurent Zuchowicz
Procureur de la République


 
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