Séquestration de trois agents de la DAAF : un éleveur bovin condamné à du sursis

justice
Affaire sicalait contre éleveurs
Les éleveurs Jean-Paul Bègue, Mélusine Chamand et Georges-Marie Lauret aux côtés de leurs avocats ©Daniel Bénard
Georges Lauret a été condamné pour la séquestration de trois agents de la DAAF en 2019. Mais le tribunal de Saint-Pierre a parallèlement relaxé l’éleveur et sa femme des faits de maltraitance envers leurs vaches. En toile de fond de ce procès, le scandale de la leucose bovine à la Réunion.

Les éleveurs Georges et Mélusine Lauret qui avaient été jugés au début du mois de juin pour mauvais traitement envers leurs vaches ont été relaxés par le tribunal de Saint-Pierre ce jeudi 1er juillet 2021.

George Lauret écope néanmoins de six mois de prison avec sursis pour la séquestration de trois agents de la DAAF, tandis que Jean-Paul Bègue a, lui, été relaxé pour ces faits remontant aux 29 et 30 juillet 2019.

Surmortalité des cheptels

Pour rappel, ces éleveurs ont été exclus de la Sicalait en mars 2019, à la suite d’un contentieux ayant pour toile de fond le scandale sanitaire de leucose bovine, à La Réunion.

Jean-Paul Bègue et les époux Lauret estiment que les décès survenus dans leurs cheptels relèvent de la responsabilité de la coopérative, qu’ils accusent de leur avoir vendu des bêtes malades.

Un cheptel qui est passé, pour Jean-Paul Bègue de 82 vaches à seulement quatre aujourd’hui. Les époux Lauret ont, eux, perdu tout leur élevage et vivent désormais du RSA.

élevage bovin / famille Begue à la plaine des cafres
élevage bovin / famille Begue à la plaine des cafres ©Willy Fontaine

Un seul éleveur condamné pour la séquestration

Le 29 juillet 2019, la tension était montée d’un cran lorsque trois agents de la DAAF s’étaient rendus sur l’exploitation des époux Lauret à la suite du décès d’une vache.

Excédé, Georges Lauret les avait empêchés de repartir, faits pour lesquels il a donc été reconnu coupable mais la peine prononcée par les magistrats saint-pierrois est finalement inférieure aux réquisitions de la procureure Caroline Calbo.

Une certaine clémence du tribunal

Lors des débats, celle-ci avait défendu qu’il ne fallait s’intéresser qu’aux faits sans entrer dans le débat de la leucose bovine. Les avocats de la défense n’ont eu de cesse, pourtant, de convaincre le tribunal du contraire.

S’agissant des soupçons de maltraitance animale, les explications des époux Lauret ont donc été entendues par le tribunal. Jean-Paul Bègue et son épouse avaient expliqué ne plus avoir été en mesure de soigner leurs bêtes malades, faute de moyens pour payer les médicaments.

Egalement relaxé pour cette infraction, Jean-Paul Bègue avait pour sa part indiqué qu’il avait dû diminuer les rations de nourriture de ses vaches afin qu’elles ne produisent plus de lait.

Regardez l'interview de Me Séverine Ferrante, avocate de la défense : 

Off Délibéré Sicalait + itw Me Séverine Ferrante

"Un système qui s'effondre"

Une décision saluée par Mes Séverine Ferrante et Isabelle Lauret, à la défense. Les deux avocates ne cachent pas leur satisfaction : "Depuis quelques années, certains éleveurs qui ont essayé de s’élever contre le système ont été mis à l’écart et se sont retrouvés dans une situation financière dramatiques, mais on espère qu’enfin le système est en train de s’effondrer  et qu’on va reconnaitre qu’il y a une vraie problématique à ce niveau-là, à La Réunion".

Si les vaches des Lauret ne sont pas mortes suite à des mauvais traitements, alors de quoi ces animaux atteints de leucose bovine sont-ils morts ? C’est la question que posent les deux avocates...