Vaccin anti-covid : les médecins réunionnais encore dans le doute

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Qui sera vacciné en priorité ? Comment sera recueilli le consentement ? Quelle procédure de vaccination ? Quelle formation pour les professionnels de santé ? Et quelle responsabilité en cas de dommages ? Les autorités se veulent rassurantes pourtant les médecins péi restent inquiets.

Si le calendrier de la campagne de vaccination à La Réunion n’est pas encore connu, mais devrait l’être dans les prochaines heures, les premiers kits de vaccin devraient être délivrés dans les Ehpad à partir du 19 janvier prochain. C’est ce qu’affirmait ce mardi 5 janvier à la mi-journée sur Réunion la 1ère, le Dr Christine Kowalczyk, président de l’Union Régionale des Médecins Libéraux de L’Océan Indien.

Professionnels de santé et personnes âgées en priorité

Les personnels des Ehpad, notamment ceux de plus de 65 ans ou présentant des comorbidités, sont vaccinés en priorité pour des raisons de vulnérabilité et d’exposition accrue.

Les personnes âgées en Ehpad seront aussi prioritaires. Les personnes âgées de plus de 80 ans ont 8% de risque de décéder lorsqu’elles contractent l’infection, estiment les autorités. Celles résidant en établissement sont les plus exposées car elles vivent en collectivité.

Ce mardi 5 janvier, le ministre de la Santé, invité de RTL, indiquait que la stratégie vaccinale allait désormais être amplifiée, accélérée et simplifiée. Ainsi, Olivier Véran a affirmé que tous les Français âgés de plus de 75 ans et qui ne sont pas hébergés en Ehpad pourront être vaccinés avant fin janvier. La vaccination devrait désormais être élargie aussi aux pompiers et aides à domicile de 50 ans et plus.

De plus, les Français qui souhaitent être vaccinés pourront s’inscrire " par internet, par téléphone sans doute, et pourquoi pas par l’application TousAntiCovid ". Les détails sur cette inscription seront donnés lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre, Jean Castex, de jeudi 7 janvier.

Une vaccination sur consentement

Le vaccin contre le Covid n’est pas obligatoire, chacun a le choix de se faire vacciner ou non. Il faudra donc donner son consentement pour recevoir l’injection. Compte-tenu du public prioritairement concerné par la campagne de vaccination, la question du consentement est au cœur des débats.

Les autorités indiquent que le recueil du consentement de la personne s’effectue dans la cadre du droit et des règles habituelles, connues et pratiquées par les médecins en vertu du code de la santé publique et du code de déontologie : délivrance d’une information loyale, claire et appropriée et respect du consentement libre et éclairé de la personne.

Mais la question du consentement fait débat auprès des professionnels de santé. Le Dr Christine Kowalczyk, la présidente de l’Union Régionale des Médecins Libéraux de L’Océan Indien, émet des réserves. Si les médecins ont l’habitude des campagnes de vaccination dans les Ehpad et du consentement éclairé, elle déplore les mesures administratives " beaucoup trop lourdes " demandées cette fois.

Dr Christine KOWALCZYK invitée du 12h30

Une consultation pré-vaccinale avant injection

Le Dr Christine Kowalczyk s’interroge également sur la formation des professionnels de santé. Il s’agit d’une première campagne de vaccin à l’ARN, précise-t-elle. Selon elle, une meilleure formation permettrait une meilleure communication avec les patients.

Les autorités prévoient qu’une consultation pré-vaccinale soit réalisée avant de procéder à l’injection, afin de vérifier les contre-indications, notamment, et d’informer les patients. Elle devra être réalisée au plus tard 5 jours avant le démarrage de la vaccination.

Les résidents des établissements peuvent être accompagnés d’un tiers lors de cette consultation pré-vaccinale. Un résident peut révoquer son consentement après l’avoir donné dans un premier temps, et ce jusqu’au dernier moment avant l’injection du vaccin.

Un guide a été publié sur le site internet du ministère de la Santé à destination des professionnels de santé, composé de 12 fiches techniques, portant notamment sur le consentement ou les effets indésirables.

Les médecins couverts par "l’urgence"

Une campagne de vaccination qui ne peut se faire sans l’adhésion des médecins. Le ministre de la Santé a donc tenu à les rassurer sur le plan juridique, tout du moins.

Les accidents médicaux seront pris en charge, la responsabilité des médecins ne pourra être engagée au motif qu’ils auraient délivré une information insuffisante aux patients sur les effets indésirables méconnus à la date de vaccination, indiquait le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans un courrier envoyé au président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, le 23 décembre 2020.

" Les dispositions protectrices des articles L.3131-3 et L.3131-4 permettent, d’une part, aux personnes vaccinées de voir réparés leurs dommages sur le fond de la solidarité nationale sans avoir à prouver de faute ou de défaut du produit, d’autre part, aux professionnels de santé de pratiquer en urgence des actes sans risquer de voir leur responsabilité recherchée, sauf faute caractérisée. "

 

Olivier Véran ajoute que " pour qualifier une éventuelle faute caractérisée, le juge tiendrait compte de l’urgence qui préside au déploiement des vaccins ainsi que des circonstances (complexité, charge de travail…) ".