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Victime des tortionnaires, la gramoune témoigne au procès de la "maison de l’horreur"

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Yolande Poudroux, la mère de Pascal Poudroux, elle aussi victime du couple à La Plaine des Cafres.
Yolande Poudroux, la mère de Pascal Poudroux, elle aussi victime du couple à La Plaine des Cafres. ©Bruno Dufestin / Réunion La 1ère
Au deuxième jour du procès de Marie-Daisy Delaplaine et Pascal Poudroux devant les Assises de St-Denis, la mère d’un des accusés témoigne des atrocités qu’elle a endurées. Le couple de tortionnaires de la Plaine des Cafres est accusé de séquestrations, violences, viols, et proxénétisme.
Condamnés à 30 ans de réclusion criminelle en première instance et en appel, Marie-Daisy Delaplaine et Pascal Poudroux sont devant la justice pour la troisième fois. Commencé hier, le procès a repris ce mardi 18 septembre à la cour d’Assises de Saint-Denis avec le témoignage bouleversant de la mère d’un des accusés, Yolande Poudroux. Le couple de tortionnaires de la Plaine des Cafres est accusé d’avoir séquestré et frappé plusieurs SDF. Ils sont aussi accusés d’avoir prostitué Yolande Poudroux, la mère de Pascal Poudroux.

Regardez le reportage de Nathalie Rougeau et Willy Fontaine :  

Séquestrée, frappée et violée

Cette affaire sordide a été révélée en 2012 lorsque cette gramoune a réussi à s’enfuir et s’échapper de la "maison de l’horreur". Séquestrée, frappée, et violée, Yolande Poudroux raconte son calvaire ce matin. Il a duré 300 jours, soit dix mois. La gramoune habitait chez son fils en concubinage avec Daisy Delaplaine. Elle raconte qu’elle était "enfermée dans le noir, affamée, contrainte parfois de manger des excréments de chiens". "Les pieds attachés avec des fils de fer, contrainte à la prostitution avec des hommes qui la payaient", la gramoune explique qu’elle "donnait ensuite l’argent à Daisy".
 
Yolande Poudroux, la mère de Pascal Poudroux, elle aussi victime du couple à La Plaine des Cafres.
Yolande Poudroux, la mère de Pascal Poudroux, elle aussi victime du couple à La Plaine des Cafres. ©Bruno Dufestin / Réunion La 1ère
 

"Je suis ton pire ennemi, tu es mon esclave"

Dépouillée chaque mois de ses revenus sociaux, Yolande Poudroux raconte aussi avoir été violée par Daisy "avec un manche à balai". Frappée quotidiennement, elle explique devant la cour qu’elle ne sortait que pour récupérer l’argent de ses revenus sociaux pour les donner à Daisy. Pour cette gramoune, son ex belle-fille était "la meneuse". "Elle commandait et mon fils laissait faire", dit elle. Selon Yolande Poudroux, Daisy lui a dit "je suis ton pire ennemi, tu es mon esclave".

Ce calvaire, elle l’a brisé en s’échappant le 14 septembre 2012, permettant ainsi de mettre fin aux sévices des autres victimes, elles aussi séquestrés et frappées.
 

Les larmes de Pascal Poudroux

Uni dans l’horreur et la perversité, le couple se déchire désormais devant la justice et se rejetant la responsabilité des atrocités. Ils reconnaissent les faits qui leur sont reprochés, mis à part Daisy Delaplaine qui réfute toujours ceux de proxénétisme sur la mère de Pascal Poudroux. Ce dernier, réfutait aussi ces faits jusqu'à ce mardi après-midi. "Comment avez-vous pu?" interroge le président. "Je ne sais pas, je n'étais pas moi même", répond l'accusé.

Jusqu'à ce mardi, le couple n’avait exprimé aucune émotion devant les jurés. Ce matin, Pascal Poudroux s’est mis à pleurer quelques minutes. L’accusé a demandé pardon à sa mère pour ce qu’il lui avait fait. Devant la cour, l’accusé explique qu’il était "sous hypnose de sa compagne". "J’étais quelqu’un d’autre. J’étais faible, je n’étais pas un homme", explique-t-il. Daisy Delaplaine a également déclaré qu'elle regrettait et demandait "pardon aux victimes". 

Regardez ci-dessous le reportage de Nathalie Rougeau et Willy Fontaine :
©reunion
 

"Une forme d’esclavage"

Selon l’avocat de Pascal Poudroux, son "client était sous influence". "L’une des principales victimes qui est la mère de Pascal Poudroux, a bien indiqué que c’est Daisy Delaplaine qui dirigeait et donnait les ordres, qui a frappé, et violenté durant 300 jours", défend l’avocat.

Pour maître Norman Omarjee, l'avocat de Yolande Poudroux, le couple est solidairement responsable de ses actes : "Au-delà de ce que peut penser une mère et c’est légitime, je crois que l’un sans l’autre, il n’y aurait pas eu la maison de l’horreur. Ce couple, que certains ont qualifié de diabolique, a semé la terreur. Les victimes étaient dans une extrême vulnérabilité dont ils se sont nourris, et ils en ont fait une forme d’esclavage".  

Mercredi 19 septembre, le procès reprend avec les plaidoiries des parties civiles.

 
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