Violences conjugales : les acteurs de la lutte se mobilisent à La Réunion

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journée internationale pour la lutte contre les violences conjugales 251119
©Réunion la 1ère
A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, les acteurs de la lutte se mobilisent. A La Réunion, plusieurs actions ont été menées, tandis que le gouvernement annonçait une série de mesures.
Ce lundi 25 novembre était le jour choisi pour conclure le Grenelle des violences conjugales, lancé le 3 septembre dernier à travers tout le territoire français. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a ainsi dévoilé les principales mesures du plan de lutte contre les violences conjugales mis en place par le gouvernement.
  

49 féminicides en 12 ans à La Réunion

Depuis le début de l’année, 138 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-compagnon en France. Dans notre département, 2 016 faits de violences conjugales ont été enregistrés par les services de police et de gendarmerie en 2018. 1 670 l’ont été depuis le début de l’année, c’est 10% de plus que l’an dernier à la même période.

Sur les 12 dernières années, 49 féminicides ont été commis. Parmi eux, 38% avaient donné lieu à des alertes préalables. Cela témoigne de la nécessiter des progrès qu’il reste à faire pour arriver à prévenir et réduire, collectivement, les risques de récidive, selon Denis Chausserie-Laprée, le procureur général de la Cour d’appel.
 

Améliorer la prise en charge judiciaire

 

" Comment on fait face à un dépôt de plainte, face à une main courante, comment on fait pour protéger les femmes qui vivent au côté de ces personnes ? "


C’est autour de ces questions que s’est tenue ce lundi matin une séquence de travail en présence du préfet de La Réunion, Jacques Billant, et des acteurs de prévention et de lutte contre les violences conjugales. Une séance de projection et un débat s’est également tenue l’après-midi au tribunal de Champ Fleuri avec des avocats ou encore des membres d’associations.

L’objectif est d’améliorer la prise en charge judiciaire des victimes, en s’attachant aux procédures d’accueil, d’écoute et d’accompagnement de l’appareil judiciaire.

Reportage de Jean-Claude Toihir et Laurent Figon.
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Améliorer l'écoute pour libérer la parole

Mais il n’est parfois pas facile de rentrer dans le processus judiciaire. Le parcours judiciaire peut faire peur, d’où la nécessité de le rendre le moins pénible possible pour les victimes. Policiers et gendarmes étaient ainsi en formation la semaine dernière à Saint-Denis, pour travailler sur la notion d’accueil des victimes lors du dépôt de plaintes.

Dans les brigades de gendarmeries et dans les commissariats, le nombre d’intervenants sociaux chargés de l’accueil des victimes vont être doublé, passant de 4 à 9 au mois de janvier. Ce lundi, les autorités ont décidé d’ouvrir le commissariat de Saint-Pierre au monde associatif.

Reportage de Laurent Pirotte et Jacques Payet.
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La prévention en première intention

Les enfants ont été associés aux actions de cette journée. La prévention est en effet un aspect important de la lutte contre les violences conjugales. Pour la rendre plus efficace, le Premier ministre a ainsi annoncé, parmi les autres mesures, une formation " obligatoire " aux enseignants sur l’égalité entre les filles et les garçons.

Ce lundi matin, la Clinique des Orchidées au Port organisait une opération de sensibilisation aux violences faites aux femmes. Des conseillères conjugales de la Protection Maternelle et Infantile sont intervenues pour rappeler l’importance qu’elle revêt auprès des plus jeunes.

Reportage Stéphane Enilorac

Apprendre l'égalité entre les filles et les garçons

 

Vers une levée partielle du secret médical ?

Parmi les annonces du gouvernement, Edouard Philippe a aussi émis le souhait d’une levée du secret médical. Les règles régissant le secret médical seraient aménagées pour permettre aux professionnels de santé de signaler plus facilement les " cas d’urgences absolues où il existe un risque sérieux de renouvellement de violences ".

Pour cela, des concertations avec les professionnels sont engagées. La ministre de la Santé rencontrera notamment le président de l’Ordre des médecins pour finaliser le dispositif, qu’il veut " protecteur pour les victimes et sécurisant pour les professionnels ".

 
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