Le FN à la conquête des Outre-mers

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Les scores historiques du FN Outre-mer restent néanmoins bien en dessous de la moyenne nationale. Le parti veut poursuivre son opération séduction et dénonce "une image mensongère" de ses idées.
Ses voix seront les plus courtisées de l’entre deux-tour. Avec un score national de 17,9%, le parti d’extrême-droite réalise son meilleur score. Outre-mer, Marine Le Pen a multiplié par deux les résultats de son père, obtenant même 15,81% à Saint-Pierre et Miquelon.

Aux Antilles et en Polynésie, elle est aux environ de 5%. En 2007, son père Jean-Marie Le Pen obtenait 1,9% en Polynésie et 3,18% en Guadeloupe.
Mais c’est à la Réunion qu’elle enregistre la plus grosse montée avec 10,31%, alors qu’en 2007, le FN ne dépassait pas les 5% sur l’île Bourbon.

Des chiffres qui réjouissent le porte-parole du parti, l’avocat Gilbert Collard. "Nos bons résultats Outre-mer sont un signe évident que le message est passé auprès des hommes et des femmes de nos belles régions, notamment grâce à l’action de nos comités de soutien en Guadeloupe et en Guyane ", a-t-il déclaré à la 1ere.fr. L’avocat regrette néanmoins que son parti soit associé à une "image mensongère". " Je vois des amis de là-bas qui s’imaginent que parce qu’on serait adhérent au front national, on serait raciste. C’est faux" a-t-il assuré à Radio Ô.

FN et Outre-mer : de vieilles rancœurs

Ces dernières années, l’Outre-mer n’a pourtant jamais témoigné d’affection pour le Front national et ses représentants. La visite en février de Marine Le Pen à la Réunion – unique déplacement ultramarin de sa campagne - a été l’occasion pour un collectif de manifester ouvertement son hostilité à sa venue, occasionnant des débordements. A son retour, la candidate avait prédit des "résultats spectaculaires" de son parti à la Réunion.
Dans les années 80, c’est Le Pen père qui n’avait pu atterrir en Martinique, ni en Guadeloupe après que des manifestants ont envahi le tarmac des aéroports, obligeant l’avion à rebrousser chemin.
En 2006, celui qui était alors président du Front national entonnait une de ses anciennes antienne, estimant "qu’on avait peut-être exagéré le proportion de joueurs de couleurs" en Equipe de France de football. Il parlait alors d’une équipe constituée pour plus d’un tiers de joueurs d’origine antillaise ou guyanaise.

Aujourd’hui, ce sont ces propos et ce rejet que Marine Le Pen et son équipe tentent de faire oublier. Une opération séduction, qui, au lendemain de ce premier tour semble lentement porter ses fruits.