Coronavirus : trois semaines après, le seul cas à Saint-Pierre et Miquelon n'est toujours pas considéré guéri

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Près de trois semaines après son test positif, le seul cas avéré de Covid-19 recensé à Saint-Pierre et Miquelon n'est toujours pas classifié comme guéri. Pourquoi ? Voici la réponse d'un épidémiologiste.

Le 4 avril 2020, l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon abandonnait son statut de territoire indemne du coronavirus, en enregistrant un premier cas positif à la Covid-19. Dépourvue de tout symptôme, cette patiente a été dépistée avant sa sortie de quatorzaine stricte, en application du protocole institué localement.

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Jusqu'à trente jours dans l'organisme

 

À ce jour, elle est toujours placée en quatorzaine stricte à domicile et reste le seul cas identifié de porteur du virus sur le territoire.

Mais pourquoi n'est-elle pas déclarée "guérie" près de trois semaines après son prélèvement positif ? Parce que selon les dernières informations disponibles, le virus peut subsister jusqu'à trente jours dans l'organisme, répond Damien Pognon, l'épidémiologiste de l'administration territoriale de santé de Saint-Pierre et Miquelon.
 

" A partir du moment où le virus est détectable par nos méthodes moléculaires, on considère que le patient peut être contagieux. " - Damien Pognon, épidémiologiste 


La durée de contagiosité du patient est héterogène, elle dépend de nombreux facteurs : du patient lui-même, du degré de l'infection et de la sévérité de l'infection. 

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Au moins deux tests négatifs consécutifs

 

Afin de s'assurer de ne pas laisser un éventuel voyageur toujours contagieux contaminer l'archipel, les autorités sanitaires locales ont établi une procédure stricte :

- tout nouvel arrivant est placé en quatorzaine stricte.
- il est testé à la fin de sa quatorzaine.
- si le test est positif, le patient reste à l'isolement strict

Il est à nouveau testé "environ quinze jours" après la déclaration de sa positivité. Deux situations sont alors possibles :
- si le deuxième test est toujours positif, le voyageur poursuit son isolement, car il est toujours potentiellement contagieux.
- mais si les résultats de ce deuxième test se révèlent négatifs, le patient doit encore patienter pour subir un troisième test "48 à 72h" plus tard, afin de confirmer sa négativité. Ce troisième test permet le cas échéant de "détecter du virus où il aurait été précédemment absent", en fonction du stade de l'infection.
 

" Le patient ne sera pas considéré comme "guéri" tant que nous n'aurons pas la confirmation que ses deux derniers tests se révèlent négatifs. " - Damien Pognon


Entretien avec Damien Pognon réalisé par Robin Droulez et Jérôme Anger.

Epidémiologiste : nécessité de trois tests ©SPM la 1ère
 
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