Des agriculteurs de Miquelon boycottent la visite de Manuel Valls

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La Volière des Îles à Miquelon
Le bâtiment exploité par Franck Detcheverry est presque prêt. La production, elle, a commencé. ©DR
Des agriculteurs de Miquelon ont décidé de boycotter la visite de Manuel Valls. Le Premier ministre sera à Miquelon ce samedi matin pour poser la première pierre d'un abattoir modulaire. Un projet critiqué par les agriculteurs.
Ils n’assisteront pas à ce moment important de la visite de Manuel Valls dans l’archipel. Des agriculteurs de Miquelon ont décidé de boycotter une étape de ce voyage officiel du Premier ministre.

Manuel Valls doit poser, ce samedi matin à 9h30, la première pierre de l’abattoir de Miquelon. Un projet critiqué par les agriculteurs qui estiment que cet abattoir modulaire ne "correspond pas à leurs besoins".


Un abattoir pas adapté ?

"Depuis que le projet a changé pour devenir un abattoir modulaire, nous n’avons plus été associés aux décisions", déplore Franck Detcheverry, exploitant agricole à la volière des îles, à Miquelon.

A l’origine, le projet d’abattoir était une extension d’un bâtiment existant. Il s’est ensuite transformé en une construction en dur. Finalement, c’est un abattoir modulaire en container maritime qui sera livré. Pour les exploitants, cette structure n’est pas adaptée à l’abattage de leurs produits. "Il y a des aspects techniques qui nous gênent au niveau du matériel, des locaux trop exigus, remarque Franck Detcheverry. Par exemple, pour saigner un agneau aujourd’hui, il faut pendre l’animal sauf que dans le container la hauteur n’est pas suffisante pour le faire".

Résistance et hygiène

Des questions se posent aussi sur la résistance de la structure aux conditions climatiques et sur les normes d’hygiène. "Cet abattoir devait être la vitrine de l’agriculture locale pour montrer aux Canadiens qu’on pourrait exporter chez eux des produits tels que ceux de la ferme de l’ouest", explique Franck Detcheverry.

Un coût discuté

Le coût de cet abattoir modulaire est aussi un point sensible. "On nous avait dit que le coût d’un bâtiment dur était trop élevé, environ 2 millions 500 milles euros pour 350 m², mais au final le coût du mètre carré du projet actuel est plus onéreux", remarque Franck Detcheverry, exploitant agricole à la volière des îles, à Miquelon. Le projet actuel est estimé à 1 million 870 000 euros pour 150 mètres carrés de surface.

"Aujourd’hui, nous avons peur que ça soit un loupé et que cet abattoir se transforme en un boulet pour la profession pour des années", conclut Franck Detcheverry.
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