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Un aller simple pour le Kreiz Armor

Vendu, le bateau de pêche artisanale a quitté le port de Saint-Pierre pour prendre la direction de Terre-Neuve après plus de 20 ans d’activité dans l’archipel.

© Damien Portais
© Damien Portais
  • Linda Saci
  • Publié le , mis à jour le

« Il va travailler en face de chez nous, à Point au Gaul à Terre Neuve » - Jean Beaupertuis
 

Jean Beaupertuis est un brin nostalgique. Le gérant de l’armement Korrigan a négocié 5 mois durant la vente du Kreiz Armor. Le bateau de pêche a quitté Saint-Pierre et Miquelon ce jeudi 15 février 2018 à la mi journée, direction la province canadienne. Le montant de la transaction restera confidentiel.

Travailler pour l’avenir du territoire


Le « milieu de la mer », pour la traduction du nom breton, a été conçu dans les années 90 avec le Keravel, après deux précédents navires jugés peu adaptés à la pêche locale, car trop rapides. Il a d’abord appartenu à la société Les pêcheurs du Ponant, avant d’être propriété de l’armement Korrigan en 2008.

L’objectif des 18 associés de ces sociétés, au lendemain du moratoire de 1992 imposé par le Canada sur la morue : se relever et relancer la pêche artisanale polyvalente.

Une motivation sans faille insiste Jean Beaupertuis : « On a pêché tant qu’on avait des quotas ». Et d’ajouter : « On voulait assurer l’avenir économique du pays »

Le Keravel a le vent en poupe


Le Kreiz Armor a surtout pêché du poisson et un peu de coquilles. Aujourd’hui, l’entreprise fait un autre pari. Elle mise sur le Keravel. « Il est le bateau le plus polyvalent de Saint-Pierre et Miquelon dans sa catégorie » estime le gérant. Chalutier, ligneur, palangrier hydraulique mais aussi dragueur, il aurait tout pour assurer une pêche complète. D’ailleurs lundi 12 février 2018, une demande de quotas a été déposée au préfet de Saint-Pierre et Miquelon. Et l’armateur recrute un équipage.

Là encore, l’ambition est claire : « On entend faire travailler l’atelier de Saint-Pierre, et celui de Miquelon. Et s’il y en avait un à l’Île aux Marins, on le ferait aussi ». La société espère, élargir les horizons économiques de Saint-Pierre et Miquelon, grâce donc au Keravel. Le navire aussi nommé en breton : « la maison dans le vent ».

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