Consommation : le prix du bœuf explose à Saint-Pierre et Miquelon

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Avec des augmentations de 40 à 130 % observées ces dernières semaines, le prix du bœuf flambe à Saint-Pierre et Miquelon. Cette conséquence de la crise sanitaire dans les abattoirs d’Amérique du nord oblige les importateurs et les restaurateurs de l’archipel à s’organiser. 
C’est un véritable casse-tête pour les professionnels du secteur alimentaire à Saint-Pierre et Miquelon. Pour ne pas trop impacter leurs consommateurs, importateurs, bouchers et restaurateurs tentent de s'organiser face à la crise que traversent les abattoirs d'Amérique du Nord.
 

Pénurie de viande sur le marché nord-américain


Touchés de plein fouet par l'épidémie de coronavirus, les abattoirs du Canada et des États-Unis ferment leurs portes ou tournent au ralenti depuis plusieurs semaines. Pour respecter les régles de distanciation sociale, le volume traité a été divisé par deux, si ce n'est plus dans certaines régions. Conséquence : les usines de transformation ne sont plus à même de fournir la demande du marché. 

À Saint-Pierre, les importateurs comme Alain Beaupertuis n'ont pas tardé à le constater : "Les prix augmentent en flèche et c'est une situation que personne ne peut maîtriser (...) à tel point que les exportateurs canadiens proposent même de la viande du Mexique" pour tenter de répondre à la demande.
 

Des prix prohibitifs


Le gérant de Georges Gaspard et Cie note début juin une augmentation spectaculaire de 130 % sur certains morceaux comme la pointe de surlonge qui sert d'ordinaire à la fabrication du bœuf haché. Ce dernier est désormais proposé à 23 euros le kilo. 

Même constat pour Marcel Christophe Dagort qui craint que le prix du kilo de faux-filet ne dépasse même les 50 euros sur le marché canadien, ce qui dissuaderait forcément les acheteurs.

Constatant des hausses régulières depuis le mois d'avril, son enseigne a anticipé en faisant venir de la viande de métropole. "Une alternative partie pour durer", selon le gérant du centre commercial Marcel Dagort.
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Dans le centre commercial de Saint-Pierre, on trouve désormais davantage de viande d'origine française. ©SPM la 1ère


Faire preuve d'inventivité


Si plusieurs circuits existent pour s'approvisionner sur l'archipel, la majorité des restaurateurs font face à la même problématique. "La viande rouge a fait un bond de 70%", observe Loïc Tanneau, co-gérant de la crêperie du Vieux Port. À la veille de la réouverture de son restaurant, il a fait le choix de ne pas proposer de faux-filet ou d'entrecôte à la carte pour ne pas pénaliser le consommateur. L'établissement compte "se réinventer en travaillant à l'ardoise pour proposer des produits en fonction des arrivages et en privilégiant les produits locaux", explique-t-il.

À Miquelon, la propriétaire du snack Bar À Choix, elle, a constaté une baisse de la qualité des produits réceptionnés. Elle a récemment opté pour une viande de qualité supérieure moyennant 3 euros d'augmentation pour le consommateur à la carte. "Je préfère vendre un peu plus cher avec de la qualité", explique Chantal Plaa qui ne se voyait pas supprimer l'entrecôte de sa carte.
 

D'autres produits concernés


Si le bœuf arrive en tête des produits ayant le plus augmenté ces dernières semaines, le porc a lui aussi pris 40% selon l'importateur Alain Beaupertuis. Il évoque également le cas de certains fruits et légumes comme les laitues qui n'étaient jusque-là pas récoltés au Québec.

Marcel Christophe Dagort évoque, de son côté, la problématique de l'eau en bouteilles, qui pourrait augmenter de 25 centimes par unité en raison des mesures sanitaires appliquées en métropole. Ces dernières obligent désormais l'importateur à utiliser des containers deux fois plus grands et donc deux fois plus chers.

Pour tous les professionnels du goût, l'enjeu principal de la saison restera une fois encore la recherche de produits locaux, peut-être plus que d'ordinaire. 
  
Le reportage de Claudio Arthur et Jérôme Anger.
©saintpierremiquelon