Maintien des vols, quatorzaines obligatoires, flambée des prix... les ministres de l'Outre-mer et de la Santé s'expliquent

coronavirus saint-pierre (spm)
Coronavirus : questions-réponses des ministres
Coronavirus : questions-réponses des ministres
Au dix-huitième jour du confinement imposé par le gouvernement, la ministre des Outre-mer et celui des Solidarités et de la Santé ont répondu conjointement sur les réseaux sociaux aux questions des habitants ultramarins.
La session de Facebook live a duré près d'une demi-heure. Ce vendredi 3 avril, les internautes résidant dans les outre-mer ont eu l'occasion de poser directement leurs questions sur leur santé, leur quotidien de confinés, et aussi sur les dégâts économiques engendrés par la crise du coronavirus. Voici quelques morceaux choisis, qui peuvent concerner plus directement Saint-Pierre et Miquelon.
 

Pourquoi ne pas suspendre totalement les liaisons aériennes et maritimes ? 

Les vols ont été fortement restreints afin de protéger les territoires, explique Annick Girardin. Mais selon la ministre des Outre-mers, il est impossible de suspendre complètement la continuité territoriale. Le gouvernement doit en effet pouvoir acheminer du matériel d'urgence tels que des masques et des respirateurs, ainsi que "des bras pour soutenir les territoires d'outre-mer", et les produits de première nécessité. Pour autant, les préfets ont "toute latitude pour adapter les dispositifs aux spécificités locales".

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Pourquoi ne puis-je pas effectuer ma quatorzaine stricte à mon domicile ? 

Annick Girardin rappelle que le gouvernement a fortement limité les entrées, et impose une quatorzaine stricte à toute personne arrivant dans un territoire d'outre-mer, "afin de mieux contrôler le développement de l'épidémie". "Nous devons rester sévères" répète la ministre, ce qui impose aux entrants un isolement total, y compris de sa propre famille et de ses proches. Si l'isolement ne peut être garanti, les passagers sont immédiatement conduits dans une chambre d'hôtel réquisitionnée par les services de l'État. 


Je suis soignante et j'habite avec mes parents âgés. Dois-je déménager temporairement ?

Le ministre de la Santé insiste sur la fragilité des personnes âgées, qui sont les plus vulnérables face à la Covid-19. Et Olivier Véran conseille donc au personnel soignant en contact potentiel avec le virus, de "chercher des possibilités pour habiter ailleurs" afin de mettre de la distance. Il rappelle que pour les travailleurs "en première ligne", les autorités mettent en place des solutions d'hébergement et de transport. 

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Depuis la crise sanitaire, certains prix flambent

Annick Girardin confirme que les services de l'Etat ont constaté des hausses de prix massives. Elle sont parfois dues au contexte international, la réduction des transports et les difficultés d'approvisionnement. La ministre annonce qu'elle a demandé la multiplication des contrôles de prix dans les grandes surfaces d'outre-mer. Elle rappelle que dans les territoires ultramarins, les préfets ont la capacité si nécessaire de "fixer les prix".
 

" Personne ne devra se faire de l’argent sur le dos des ultramarins, personne ne peut aujourd’hui exagérer dans les tarifications. J’irai jusqu’à fixer les prix si c’est nécessaire. " - Annick Girardin

 

Des clients devant les pizzerias et kebabs alors qu'on doit limiter les rassemblements ?

"On ne pouvait pas tout fermer complètement" estime la ministre des Outre-mer, justifiant l'ouverture par la nécessité pour ceux toujours au travail de pouvoir disposer de plats à emporter lorsqu'ils quittent leur poste. Mais elle rappelle que "s'ils veulent poursuivre leurs activités", ces commerces doivent mettre en place les "mesures maximales" afin de protéger leurs employés ainsi que leurs clients.
 

Qui aura droit à la prime de mille euros ? 

Cette prime décidée à l'origine par Emmanuel Macron lors de la crise des gilets jaunes de l'an dernier, est reconduite cette année "pour les travailleurs qui sont au front". Ce dispositif défiscalisé en France métropolitaine et dans les DOM a même été doublé de mille à deux mille euros. Mais il reste versé au bon vouloir de l'employeur.
 

Un chef d'entreprise doit-il être à jour ses cotisations pour bénéficier des aides d'urgence de l'État ? 

Annick Girardin se dit consciente que le tissu économique ultramarin est parfois extrèmement fragile, "notamment après les crises climatiques et sociales". C'est pourquoi les préfets pourront faire du cas par cas, en concertation avec le monde économique, tout en rappelant les règles. 
 

 "La règle générale, c'est que pour bénéficier de la solidarité nationale, il faut participer à la solidarité nationale. " - Annick Girardin

   
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