Il aurait de quoi savourer son retour dans son archipel de Saint-Pierre et Miquelon auprès de sa famille. L'ex-international de l'équipe de France Valentin Claireaux vient, avec ses coéquipiers de l'équipe des Cougars, de ramener le titre de champion local dans le giron des Verts après 18 ans de disette.
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Pourtant au soir de la huitième victoire de son équipe en championnat concrétisant ce titre, et avec 4 buts à son compteur sur les 10 inscrits par les Cougars, il y avait une certaine amertume dans ses propos, dans les couloirs des vestiaires de la patinoire de Saint-Pierre :
Il ya des attitudes, des coups, des insultes qui n'ont pas place. En 18 ans de carrière je n'ai jamais vu ça ! C'est juste triste car déjà qu'on n'est pas beaucoup de chaque côté, ça gâche un peu la fête ! Faut que ça change, si ça ne change pas le hockey il court à sa perte ici...
Valentin Claireaux, ex-international français, joueur des Cougars
Cette ambiance n'est qu'un secret de polichinelle sur l'île : certes la rivalité entre deux clubs locaux est chose classique, mais il semble que depuis quelques saisons cela se soit accentué. À tel point que cette saison, deux des meilleurs joueurs des Missiles, ex-professionnels, Jonathan Lessard (canadien ex-joueur de Ligue américaine et de Ligue Magnus) et Mathieu Briand (ex-joueur saint-pierrais de Ligue Magnus) ont renoncé à rechausser les patins..."Certaines provocations à leur encontre se faisaient même avant et après les matches, en ville, hors du cadre de la patinoire. Et parfois même sur leurs proches...", selon un ancien joueur.
D'où le coup de gueule de Valentin Claireaux qui en appelle à la Ligue de Hockey de Saint-Pierre et Miquelon pour réunir tout le monde autour d'une table et assainir l'ambiance. Quitte aussi à revoir certaines règles localement :
Je pense que la mise en échec elle n'a pas lieu d'être. Le lundi matin tout le monde se réveille, tout le monde doit aller au travail...Nous on a un jeune dans l'équipe, [avoir] cassé la clavicule sur une mise en échec ça n'a pas sa place. On peut vite perdre des joueurs comme ça sur blessure, nous on n'est pas payé pour jouer. On est juste là pour prendre du fun !
Valentin Claireaux, ex-international
Pour lui, tout cela "gâche la fête. Gagner ou perdre ce n'est pas grave, l'essentiel c'est de prendre du plaisir !"
Mettre tout le monde autour d'une table
Pour Fabrice Guérin, président de la Ligue de hockey de Saint-Pierre et Miquelon depuis trois saisons, si le phénomène n'est pas nouveau, il semble devenir répétitif et parfois s'accentuer :
Il y a toujours eu des tensions et des contentieux entre les deux clubs. Mais j'essaie de faire comprendre qu'il y a vraiment un intérêt pour la pérennisation du championnat d'arrêter ces tensions, ces insultes sur la glace qui n'ont rien à faire là. Malheureusement ça continue de match en match...
Fabrice Guérin, président de la Ligue de Hockey sur glace Saint-Pierre et Miquelon
Et de pointer aussi que "peut-être les réseaux sociaux n'aident pas non plus comme sur beaucoup de sujets". Mais le président de la Ligue espère "qu'on ne soit pas arrivé à un point de non-retour".
Déjà en 2016, l'ensemble du comité directeur de la Ligue de hockey de Saint-Pierre et Miquelon avait démissionné en bloc face à la multiplication d'actes de violence sur la glace et en dehors. Puis les choses s'étaient calmées avant que d'autres joueurs soient à nouveau suspendus pour une quinzaine de matchs ou moins.
Dans le match du titre à nouveau, des bousculades volontaires ont été constatées, alors que les arbitres sont là pour faire la loi et respecter le règlement. Des gestes inutiles conduisant parfois à des suspensions pénalisant l'équipe du joueur qui veut faire la loi lui-même..."Pas très futé de la part de certains alors que les effectifs sont en diminution sur les bancs", commente un ancien joueur.
Reste à voir dans les semaines à venir si une réunion et une prise de conscience collective peuvent réussir à apaiser les esprits. Dans l'intérêt du hockey local.
Contacté par notre rédaction, le Hockey Sporting Club (Missiles) ne souhaite pas alimenter la polémique.