L'usine de concombre de mer à l'arrêt

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L'usine Pêcheurs du Nord, spécialiste des concombres de mer à Saint-Pierre et Miquelon, est fermée. ©SPM la 1ère
L'usine Pêcheur du Nord est actuellement à l'arrêt. Depuis 2017, le site exploite notamment le concombre de mer, une filière à l'accoutumé lucrative, mais en difficulté depuis la pandémie de Covid-19.

Rideaux tirés, matériel rangé, silence sans équivoque. L'activité est inexistante dans l'usine Pêcheurs du Nord. Elle devait ouvrir début juin mais la situation actuelle du marché l'en empêche : "On s'est retrouvé avec des clients qui nous avaient donné des engagements, mais ils se sont rétractés", déplore Antoine Le Garrec, directeur général de l'entreprise.

La Chine est le premier débouché de la filière. Mais la crise du Covid-19 a négativement impacté ce marché au point d'en changer sa nature. "Avant le Covid, les Chinois achetaient principalement un produit qui était cuit et séché. Mais depuis, la demande a un petit peu évolué et ils se sont mis à acheter de l'entier et de l'éviscéré congelé", poursuit le directeur. L'usine produit elle-même ce dernier mais n'a pas réussi à obtenir l'agrément sanitaire de la Chine, l'empêchant d'exporter vers ce pays. Demandé en mars 2022, cet agrément n'a pas pu être obtenu à temps.

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La solution aurait pu être le Canada. Mais là aussi, impossible d'y écouler la marchandise vers ses usines de transformation. Antoine Le Garrec ajoute qu'eux même "ont du mal à écouler leur production de cuit-séché, donc ils n'ont aucun intérêt à prendre notre production".

Impossible de partir à la pêche, mais aussi de vendre. Les prix ont continué de chuter depuis la pandémie, poussant l'entreprise à stocker une majorité de la production de l'année dernière à Halifax. 

Quelle situation pour les salariés de l'entreprise ? Parmi les 20 à 30 salariés, une partie a rejoint le site miquelonnais, spécialisé dans l'exploitation de la coquille. C'est par exemple le cas de l'équipe du Cap Marie. Elle aurait dû partir à la pêche aux concombres de mer de juin à décembre, mais impossible.

"On finira bien par trouver le bout du tunnel avec le Covid, que la consommation pourra reprendre et qu'on aura potentiellement l'agrément qui nous permettra d'exporter vers la Chine", poursuit Antoine Le Garrec. Le directeur général de l'entreprise reste optimiste : "Si la situation des Pêcheurs du Nord le permet, on pourra rouvrir l'usine et de nouveau exporter dès le mois de juin prochain".

Reportage d'Elise Marné et Jérôme Angé

©saintpierreetmiquelon