Déconfinement à Saint-Pierre et Miquelon : les réponses aux questions des habitants de l'archipel

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saint-pierre vu de loin
Saint-Pierre et Miquelon attaque la phase 2 de son déconfinement ©Inès Pons-Teixeira
Depuis lundi 27 avril, les habitants de Saint-Pierre et Miquelon ont de nouveau le droit de circuler librement, et de nombreux magasins ont rouvert. Mais ce début de déconfinement pose de nombreuses interrogations sur les plans sanitaire, économique et éducatif. 

Avec le déconfinement, lancé lundi 27 avril, de nombreuses questions quant aux mesures de protection de la population ont émergé. Retour sur les préoccupations des habitants de l'archipel, discutées dans le magazine À la une, à retrouver ici

Quelles mesures sanitaires sont en place dans l'archipel ?  


À Saint-Pierre et Miquelon, le déconfinement est progressif. Tous les lieux publics ne sont pas encore accessibles à la population. Les bars, restaurants et les complexes sportifs demeurent fermés jusqu'au 11 mai au moins. L'accueil dans les administrations se fait au cas par cas, souvent sur rendez-vous. 

Dans les lieux ouverts, les gestes barrières doivent rester de mise, a expliqué le préfet Thierry Devimeux sur SPM la 1ère. Port du masques, vitres de séparation, désinfections, mise en place de nouveaux protocoles... De nombreux commerces se sont adaptés à la situation dès le début du confinement, souvent dans l'urgence. Ils n'ont en effet été prévenus du déconfinement que quelques jours avant leur réouverture effective. "On n'a pas vraiment eu le choix de reprendre [...] Notre entreprise a 15 000 euros de charges fixes par mois" a précisé à SPM la 1ère Myriam Fauglas, co-gérante d'un salon de coiffure de Saint-Pierre. 

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"Les gens, dans leur grande majorité, ont été extrêmement consciencieux et ont tout fait pour que ça se passe bien" a commenté Thierry Devimeux. Un contrôle des mesures barrières mises en place sera néanmoins effectué dans les prochains jours par la direction de la cohésion sociale, du travail, de l'emploi et de la population (DCSTEP). L'institution pourra aussi donner des conseils aux commerçants qui ont besoin d'être accompagnés. 
 

Y aura-t-il assez de masques pour protéger tout le monde ? 


L'archipel dispose d'un stock de 150 000 masques, disponibles en cas de crise, d'après le préfet. En plus de ces réserves, plusieurs lots doivent être attribués dès la rentrée aux écoles."Ce n'est pas à distribuer aux enseignants ou aux élèves, mais c'est là, en cas de besoin", a précisé Thierry Devimeux. Les enseignants ou accompagnants en crèche ou en école maternelle auront, eux, la possibilité de les utiliser dès la rentrée "s'ils sentent que ça rassure les enfants et les parents ou si ça les rassurent eux-mêmes." 

De son côté, la chambre d'agriculture, de commerce, d'industrie, de métiers et de l'artisanat (CACIMA) a effectué une commande groupée pour divers commerçants de l'archipel. L'achat sera à la charge des professionnels. La collectivité territoriale a néanmoins promis d'exonérer de taxe les produits utiles à la mise en place des gestes barrières, comme les masques ou les gants. Leur prix sera par ailleurs encadré au niveau national.

Les particuliers pourront en acquérir s'ils le souhaitent. Le préfet a affirmé avoir contacté des importateurs afin que les magasins soient approvisionnés. 
 

Les entreprises sont-elles soutenues face à la crise ? 


Les petites et moyennes entreprises de Saint-Pierre et Miquelon ont été fragilisées par la crise liée au nouveau coronavirus. D'autant qu'elles doivent désormais investir dans des masques et du matériel de protection sanitaire. Selon les premières estimations de la CACIMA, qui se base sur un sondage rempli par 155 entrepreneurs, près de 70 % des sociétés de l'archipel disposent actuellement d'un mois de trésorerie ou moins. L'économie saint-pierraise ne devrait pas revenir à son état d'avant la pandémie avant 2022.

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Plusieurs dispositifs ont été mis en place par l'État et les régions pour accompagner les commerces locaux. Le fonds de solidarité, d'un montant de 1 500 euros, et une aide complémentaire de 2 000 euros doivent aider les entrepreneurs. Mais les conditions d'éligibilité sont très restrictives. Dans l'archipel, une seule entreprise est éligible à la seconde aide, d'après la CACIMA. "Il est possible que les conditions qui régissent ce volet 2 soient assouplies" a commenté le président de la collectivité Stéphane Lenormand sur SPM la 1ère. Les paiements du fonds de solidarité, eux, devraient être versés dans la semaine du 4 mai.

La collectivité et la CACIMA doivent s'associer pour effectuer une analyse sectorielle de l'économie de l'archipel, afin de déterminer la réponse la plus adaptée à la crise.
 

L'école reprend en mai, mais est-elle obligatoire ? 


La rentrée scolaire est prévue le 5 mai pour les élèves du premier degré, le 6 mai pour ceux du second degré. Aucune alternative d'enseignement à distance ne sera disponible à partir de cette date et il ne sera pas possible non plus de recourir à des arrêts de travail Covid-19 pour garde d'enfant. "Donc on peut répondre, oui, l'école sera obligatoire" a commenté le préfet. 

Chaque établissement sera en charge de faire appliquer les mesures barrière, qui seront intégrées au parcours éducatif, selon Thierry Devimeux. Un comité d'hygiène et de sécurité devra "définir la bonne application des mesures barrières au regard de la réalité des bâtiments". Des réunions d'information à destination des enseignants auront lieu le 4 mai, jour de la rentrée des professeurs.

Comment se déroulera le retour des étudiants ?


Le dispositif pour rapatrier les jeunes bloqués au Canada ou en France métropolitaine n'est pas encore connu. La question de la mise en place de vols directs depuis la Métropole n'a pas non plus été tranchée. 

On sait cependant qu'une période de quarantaine stricte sera obligatoire pour tous ceux qui souhaitent revenir dans l'archipel. Depuis fin mars, les nouveaux arrivants ont l'obligation d'effectuer une quatorzaine stricte à leur arrivée à Saint-Pierre. Pour être autorisés à sortir, ils doivent désormais effectuer deux tests de dépistage du coronavirus. Ils n'ont la possibilité de sortir de confinement que s'ils sont tous deux négatifs. L'isolement des étudiants pourra donc durer plus de 14 jours au total. 

Retour sur les temps forts l'émission "À la Une", avec Émilie Boulenger. 

©saintpierremiquelon
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