Morue : Nouvel accord Franco-Canadien sur la pêche à Saint-Pierre et Miquelon

pêche saint-pierre (spm)
Morues dans un chalut
Morues dans un chalut ©DFO
Les diplomates français et canadiens ont signé le 5 mars un accord sur la pêche à la morue dans la zone 3PS de Saint- Pierre et Miquelon. Ce document amende le texte signé il y a presque 20 ans, qui a mis fin à ce qu'on a appelé à l'époque "la guerre de la morue".
L’accord franco-canadien du 5 mars revient en fait à amender pour l’année à venir le texte de 1994 qui régit la pèche commune de la morue dans la zone 3PS.

Chalutier canadien : l'affrêtement n'est plus obligatoire


Ce qui ne change pas, c’est la répartition 70/30 du quota attribué à l’archipel. 30% réservé aux pécheurs artisanaux, et 70% pour la pêche industrielle.
La nouveauté, c’est que ces 70% ne seront plus obligatoirement pêchés par un bateau canadien, comme c’était le cas jusqu’ici.

 

Le principe de la négociation


Le nouvel accord pose désormais le principe d’une négociation de gré à gré entre les professionnels canadiens et ceux de l’archipel, qui devront s'entendre pour se répartir la pêche du quota industriel attribué à la France. Pour la campagne en cours, Le pôle de Miquelon et son partenaire IceWater ont décidé d’un 50/50 sur les quotas industriels français, soit 600 tonnes chacun.

Une situation déjà "tolérée"


Il faut dire que depuis 3 ans déjà, Il n’y avait plus d’affrêtement de chalutier canadien, et nos voisins toléraient de voir le quota français pêché par le Béothuk, le bateau du pôle de Miquelon. Le récent accord ne fait qu’entériner une situation de fait.

Le pôle de Miquelon satisfait


L'accord satisfait les professionnels du pôle halieutique de Miquelon, dernière entité industrielle de l'archipel à traiter la morue. Les conditions techniques de leur usine, ajoutées à la faillite de leur concurrent de Saint-Pierre il y a 3 ans, ne permettent de toutes façons pas de traiter l'ensemble du quota français du 3PS.

Encore quelques formalités


Pour entrer en application définitive, l'’accord doit encore être formellement validé par les autorités canadiennes. Il sera alors publié au Journal Officiel français. Il devra en outre être revalidé chaque année, à l’occasion du conseil consultatif des pêches.

Nota :  pour cette année, les quotas autorisés pourraient être réellement atteints par les chalutiers. Les autorités canadiennes ont en effet décidé d’allonger la saison de pêche à la morue jusqu’à la fin mars.

Le reportage de Stéphane Raes et Stéphane Bry

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