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Wallis : un Roi dans 3 mois?

Les portes du palais royal restent closes depuis plus d'une année. Les bâtiments sont déserts. Lavelua Kapeliele Faupala a dû quitter son domicile royal. Il a été démis par la Grande Chefferie et n'a toujours pas été remplacé.

Le palais royal fermé
Le palais royal fermé
  • Par René Lataste
  • Publié le
Mardi 2 septembre 2014, la nouvelle de la destitution du souverain de 74 élu depuis 2008 claque comme un coup de tonnerre dans l'atmosphère paisible de ce petit royaume au coeur du Pacifique. Il avait succédé à Tomasi Kulimoetoke qui avait régné 48 ans.
Sa destitution apparaît comme le résultat de tensions grandissantes au sein même de la Grande Chefferie. Il lui est reproché un manque d'implication dans ses fonctions et des décisions trop autoritaires. C'est d'ailleurs le limogeage de son Premier ministre (le "kivalu") -le deuxième en quelques mois- qui va provoquer cette dernière crise qui lui coûtera sa fonction. L'homme était apprécié pour sa mesure.

                   A la recherche du futur Roi
Les familles royales de Wallis cherchent depuis un an un nouveau Lavelua. La royauté n'est pas héréditaire mais le résultat d'un accord sur une personnalité de lignée royale. Historiquement on a vu des discussions prendre des mois, voire des années.
Maleto Liufau, le Faipule du district sud, le chef des 10 villages du sud (sur les 21 villages dans les 3 districts) a clairement tracé le route à suivre : "Il est vrai que nous sommes sans Roi ni kivalu. La priorité pour la Chefferie est le choix d'un Roi. Cela réalisé, ce sera au nouveau souverain de choisir son Premier ministre".
Une position des 23 chefs de Districts qui a le mérite de mettre les points sur les "i" pour ceux qui auraient des velléités d'inverser l'ordre coutumier de nomination.
Des échanges ont lieu au sein des grandes familles, le sujet est aussi évoqué lors des "tauasu", ces réunions des villageois autour d'un kava le soir sous le "fale". Mais rien ne filtre.

                          Un candidat par district
L'intronisation du nouveau Roi pourrait être l'occasion d'une réconciliation, après 10 ans de déchirements entre les "loyalistes" et ceux qu'il est convenu de nommer "les rénovateurs". Certains l'espèrent mais ces retrouvailles semblent peu probables tant les blessures réciproques après le conflit de 2005 restent à vif.
La Grande Chefferie et les Faipule de chacun des districts ont défini une méthode pour désigner le nouveau Roi, comme le précise Maleto Liufau : "Cette quête a été confiée aux chefs de districts. Dans le district sud, par exemple, un appel a été lancé cette semaine. Nous allons nous retrouver, anciens et personnes dans la force de l'âge, pour en discuter ensemble. Ensuite chaque district proposera un nom et le choix final se portera sur l'un des 3 noms".

                    Un Roi avant la fin de l'année
La volonté est d'accélérer la procédure : "Notre souhait est que d'ici la fin de l'année nous puissions introniser un Roi". conclut le Faipule.
Le statut de 1961 reconnaît l'originalité de ce royaume dans la République. L'équilibre repose sur 3 pouvoirs : l'Etat, représenté par un Administrateur supérieur qui a rang de Préfet, l'Assemblée territoriale élue qui porte chaque année un Président à sa tête, et un Roi, élu au sein des grandes familles et qui est à la tête du pouvoir coutumier.
L'absence de Roi depuis plus d'un an provoque un déséquilibre des pouvoirs à un moment-clé du développement économique du Territoire : l'arrivée des portables à la fin de cette année, celle du câble et du haut-débit fin 2016, les choix sur l'exploitation des fonds marins, la zone de pêche exclusive.
Le futur Roi ne manquera pas de sujets pour marquer son autorité et dessiner son style de règne.


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