Covid-19 : Comment Florence Tafono et Leone Vakalepu ont-ils vécu cette crise sanitaire.

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Si le calme est revenu à l’agence de santé de Sia avec une reprise petit à petit des activités normales. Ces 2 derniers mois ont été mouvementés. Florence Tafono et Leone Vakalepu témoignent de leur vécu en période de crise sanitaire.

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©Florence Tafono

Florence Tafono, nouvelle recrue de l’agence de santé de Sia en tant que technicienne de laboratoire. Titulaire d’une licence en  génie biologique et d’un diplôme d’assistant ingénieur en biologie biochimie et Biotechnologies. Florence découvre en arrivant au fenua une nouvelle organisation du travail, de nouvelles techniques et automates. Rien à voir avec l’unité de prédispositions génétiques au cancer du côlon et gastrique au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard de Lyon :

« À la différence d’un laboratoire d’analyse médicale, nous étions plutôt spécialisés en séquençage d’ADN (recherche de mutations) pour la détermination de prédispositions aux cancers chez des familles. Donc nous ne faisions pas de bilans sanguins ni de tests PCR pour la Covid-19. La pression, le stress et l’augmentation de la charge de travail durant cette crise ne nous a donc pas touchés de la même manière, témoigne Florence Tafono. »

Le 06 mars 2021, la crise sanitaire se déclenche sur Wallis et Futuna, seul territoire français qui a été épargné jusqu’à cette date du coronavirus. La nouvelle technicienne voit donc ces journées de travail s’allongées, la fatigue prend le dessus. Au fil des jours, elle s’y habitue. La solidarité au sein de leur petite équipe et dans les autres unités de l’agence lui redonne le courage et la force :

« J’étais contente de pouvoir participer/contribuer à l'effort local pour lutter contre la Covid-19. L’ayant vécu en France, je n’étais pas spécialement stressée ni angoissée. J’étais contente de pouvoir participer, contribuer à l'effort local pour lutter contre la Covid-19. L’ayant vécu en France, je n’étais pas spécialement stressée ni angoissée. Je me disais tout le temps, qu’on faisait ça pour tout le monde et que c’était notre façon d’aider à notre niveau. »

 Une expérience enrichissante sur le plan profesionnel et humain au tant pour Florence que pour Leone Vakalepu. A 21 ans ce jeune diplômé d’un DTS d’IRMT (diplôme de technicien supérieur d'imagerie médicale et radiologie thérapeutique) fait ses premiers pas dans la vie active en période de crise. Après l’obtention de son DTS, Leone avait l’intention de poursuivre son cursus en se spécialisant dans la radiothérapie pour devenir au final radio-physicien. Mais la crise sanitaire a changé ses plans, dit-il :

« Je suis donc rentré à Wallis afin de "fuir" la crise sanitaire en métropole, manque de chance, la crise sanitaire m'a suivi jusqu'ici. »

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Mais la situation lui a tout de même permis de décrocher un contrat de 2 mois au service d’imagerie de l’agence de Sia. Ce service a été touché par le covid. Deux des trois manipulateurs  radio ont été contaminés. Ils se sont retrouvés à 2, à gérer les demandes de radio :

« J'avais le même rôle que celui de mes collègues, c'est à dire effectuer les examens scannographies et radiologiques des urgences des patients du covid et non-covid. Les examens non urgents étaient reportés dans le but de préserver la population du coronavirus et de diminuer la propagation du virus. La seule chose que j'appréhendais, c'était d'arriver au travail le matin et de voir un de mes proches hospitalisé, intubé et ventilé suite aux complications du virus. »

Car c’est une pathologie nouvelle, brutale et déstabilisante, des repères bousculés, un contexte plus tendu que jamais… Même les plus expérimentées le disent : jamais dans leur carrière elles n’avaient vécu une situation similaire.