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Exploit : deux pêcheurs de Futuna prennent un marlin de plus de trois mètres!

Trois mètres et sept centimètres. Deux cent trente six kilos. Le poisson -la bête a-t-on envie d'écrire tant elle force le respect... - est exceptionnelle. Il a fallu des heures d'efforts à deux pêcheurs pour le tirer hors de l'eau... et le remonter sur le bateau!

Une prise exceptionnelle qui impressionne par sa taille et sa puissance
Une prise exceptionnelle qui impressionne par sa taille et sa puissance
  • Par René Lataste
  • Publié le
Comment ne pas penser à Hémingway et à son "Le Vieil Homme et la Mer"... Un marlin monstreux, deux pêcheurs seuls sur une petite barque de cinq mètres, l'immense océan et le soleil écrasant des tropiques. Pour finir, la victoire de l'homme sur la nature. Au prix de la souffrance et de la peur.


Un combat de quatre heures avec le marlin

"C'est le seul poisson de notre pêche. Nous l'avons pêché à la traine. Nous avons pris trois heures... peut-être quatre! Je ne sais plus! C'était difficile!". La nuit est tombée. Toma Takasi est encore épuisé par sa lutte contre le marlin. Son visage est marqué. Le "vieil homme" d'Ernest Hémingway était seul sur une barque à voile avec un enfant. 
Toma, lui, était avec son frère. Son embarcation était pourvue d'un moteur. Sans lui la prise aurait été impossible. "Nous avons des flotteurs qui ont permis de le noyer!" Il désigne deux grosses sphères de plastic rouges qui ont tenu le marlin en surface quand il a été pris.

Un animal de trois mètres dans une barque de cinq!

Lucide, il explique : "C'était quasi-impossible de le ramener avec le moulinet! La plupart du temps, on le tirait avec le moteur hors-bord!" Bon! on le concède, moins glorieux que les rames et la voile de Santiago dans le roman! Mais quand même! Il fallait le faire!
Modeste, Toma Takasi reconnaît ce qu'il doit à son frère et à un troisième pêcheur venu les aider : "Je pense que si j'étais seul, je l'aurai abandonné! A deux, c'était difficile! Mais heureusement, nous étions trois. Nous avons attaché une corde au niveau de la tête et nous l'avons remonté par l'arrière. Le faire passer par le côté risquait de faire chavirer le bateau!"
Aussi étonnant que cela paraisse, le marlin de trois mètres a été hissé à bord d'un esquif de cinq mètres... avant d'être ramené à la côte pour être pesé et découpé!


L'art de la découpe!

Là, intervient un épisode que ne décrit pas Hémingway, la découpe! Et pour cause, son marlin bleu avait été dévoré par des requins. Il n'en restait que la tête et son énorme rostre. Et quelques vertèbres encore accrochées.

Le marlin des frères Takasi est  incisé dans les règles de l'art par un pêcheur. Un animal de cette taille demande un savoir-découper transmis de génération en génération. Ce que possède Pesamino Tufele :"Premièrement, quand on arrive à terre, il faut d'abord enlever la tête avec le rostre. Et puis tout le bas de l'espadon. Après, une fois que c'est fini, on va le découper en tranches!" 
Le soir même, l'odeur de la chair grillée du poisson flottait dans l'air de Fuga'alo, à Malae, sur la côte sud de Futuna. Famille, amis, villageois, le marlin  a été consommé plus rapidement qu'il n'avait été pêché...

















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