Pourquoi l'état d'urgence n'est pas appliqué dans le Pacifique?

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Le gouvernement a étendu l'état d'urgence aux Outre-mer à l'exception des trois territoires du Pacifique (Wallis et Futuna, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française) et de Saint-Pierre-et-Miquelon. L'exclusion de l'Océanie est justifiée par l'absence de renseignement sur un danger djihadiste.
L'état d'urgence sera appliqué dans les départements d'outre-mer et à Saint Martin et Saint Barthélémy. Sont exclus du dispositif Saint-Pierre-et-Miquelon et les trois territoires français du Pacifique (Wallis et Futuna, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française). Le gouvernement justifie cette exception océanienne par l'absence de renseignement sur un danger djihadiste dans la région.

Dans un premier temps le gouvernement avait expliqué la non-application de l'état d'urgence dans les Outre-mer par le fait que que le risque terroriste y était moindre qu'en métropole.

Mais plusieurs élus, des associations et syndicats policiers ultra-marins avaient réclamé ce dispositif. L'actualité les a aidés lorsque trois syriens détenteurs de faux passeports ont été arrêtés dans la partie néerlandaise de Saint-Martin puis par la révélation qu'un Réunionnais d'origine avait sans doute enregistré la revendication des attentats de Paris.

Dès lors la première position du gouvernement n'était plus tenable. "Il n'était pas acceptable que l'état d'urgence ne soit pas étendu à l'Outre-mer...qui n'est pas à l'abri de dérives radicales", proclame le président du CREFOM, le Conseil représentatif des Français d'Outre-mer, Patrick Karam qui ajoute cette mise en garde: "si le gouvernement ne l'avait pas fait, il porterait une lourde responsabilité au cas où des attaques terroristes se produiraient O​utre-mer".


Le Pacifique n'est pas une cible "vraisemblable"

Pourquoi, dès lors, le gouvernement a-t-il exclu l'application de l'état d'urgence aux trois territoires du Pacifique?
Réponse de la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin: "on regarde avec beaucoup d'attention l'Océan indien" mais les îles d'Océanie, "très éloignées, ne sont pas des cibles pertinentes pour un terroriste qui veut s'en prendre aux grandes puissances occidentales".
La ministre affirme "ne pas avoir de renseignement...sur ce type de démarche même délirante...et qui ne nous semble pas vraisemblable" dans la région.

Patrick Karam va dans le même sens: "je n'ai pas d'indices sur des phénomènes qui pourraient concerner les territoires du Pacifique, pour l'instant préservés", dit-il et il ajoute: "je n'ai pas d'information sur un quelconque danger djihadiste" en Océanie.
Le président du CREFOM se veut cependant vigilant car selon lui le danger pourrait ne pas venir des Océaniens mais de l'extérieur des trois territoires, "d'infiltrations" par exemple.

Wallis et Futuna notamment ne semble pas "en première ligne" selon sa préfecture, avec sa quasi-absence de délinquance, son faible nombre de visiteurs et ses habitants à 90% adeptes d'un catholicisme paisible.
Aucun phénomène de radicalisation n'a été enregistré en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie française aux populations plus diverses.
Dans le Pacifique, seuls des Australiens semblent avoir rejoint les rangs du groupe Etat islamique, l'EI. Ils seraient environ 120, le double par rapport à l'an dernier, selon une déclaration de la ministre australienne des Affaires étrangères en septembre dernier. Une vingtaine de ces djihadistes aurait péri en Irak et en Syrie. L'Australie a par ailleurs été secouée par un acte terroriste en octobre.

George Pau-Langevin n'exclut pas cependant d'appliquer l'état d'urgence au Pacifique si "nous avions des éléments d'information nous laissant à penser que la situation" a évolué. Patrick Karam surenchérit: "il aurait été souhaitable, compte-tenu du principe de précaution qu'il n'y ait pas de faille dans le dispositif national, qu'on ne laisse pas de porte ouverte".

En attendant, Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française en restent donc pour l'instant au plan Vigipirate renforcé.








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