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Après 2018 : un rapport et beaucoup d'inquiétude

Les élus qui intègreront l’Assemblée nationale après les législatives y trouveront une certaine photographie du dossier calédonien. Une vision transmise par la mission parlementaire d’information sur l’avenir institutionnel, dont le rapport a été rendu public. Extraits des conclusions.

Le député socialiste René Dosière © PATRICK KOVARIK / AFP
© PATRICK KOVARIK / AFP Le député socialiste René Dosière
  • Françoise Tromeur
  • Publié le , mis à jour le

La « mission d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie » était présidée par le député Dominique Bussereau (Les Républicains), avec pour rapporteur son homologue René Dosière(apparenté socialiste). Son but : informer les parlementaires, et faire comprendre les enjeux du processus en cours à l’ensemble des Français. Après deux ans de travail, elle a émis un rapport de 187 pages, rendu public la semaine dernière. On y trouve les auditions d’une quinzaine de personnalités : spécialistes, élus, haut-fonctionnaires. Et au retour d’un ultime séjour en mars en Nouvelle-Calédonie, la mission a émis des conclusions dont voici quelques extraits. 

« Grande inquiétude dans la population »

La première observation de René Dosière « concerne la grande inquiétude que nous avons constatée dans la population, notamment lors de nos rencontres avec les organisations syndicales […].  Nous avons également rencontré des jeunes, lycéens dans deux établissements, l’un dans la province Nord, l’autre dans la province Sud, ou étudiants à l’université. Eux aussi sont inquiets, voire extrêmement anxieux quant à leur avenir. Cela tient pour l’essentiel au fait qu’ils ignorent tout des conséquences du référendum qui aura lieu en 2018, voire du contenu de l’Accord de Nouméa […] » 

Des politiques sur « une autre planète »

Deuxième observation : « les responsables politiques locaux semblent évoluer sur « une autre planète ». Profondément divisés, les anti-indépendantistes sont absorbés par des querelles internes [et] pour l’heure davantage préoccupés par les enjeux touchant à l’élection présidentielle et, plus encore, aux élections législatives ; faire œuvre de pédagogie pour expliquer le sens de la consultation à laquelle doit aboutir l’Accord de Nouméa n’est pas vraiment leur priorité. »
René Dosière ajoute que « ces remarques valent également pour le camp des indépendantistes, à ceci près que les partisans du Palika commencent à développer et à exposer à la population leurs idées sur le processus d’accession à la souveraineté, tandis que les membres de l’Union calédonienne demeurent […]  profondément divisés sur la question du référendum d’autodétermination […]. » 

« Climat d’insécurité »

« Troisième observation, je veux insister sur le climat d’insécurité qui règne en Nouvelle-Calédonie, climat lié en particulier aux incidents survenus au sein de la tribu de Saint-Louis […] et l’on se demande si, de cette situation plus ou moins circonscrite, ne risque pas de jaillir l’étincelle qui embraserait l’ensemble du territoire si d’aventure la sortie de l’Accord de Nouméa ne se déroulait pas dans de bonnes conditions. »

« Un consensus mis à mal »

Et d’estimer : « Même si la situation évolue plutôt correctement, les deux communautés n’en ont pas moins du mal à concevoir ensemble ce que pourrait être leur destin commun, quel que soit le résultat de la consultation. » Dominique Bussereau ajoute que « nous n’avions pas ressenti aussi fortement cette inquiétude lors des travaux que nous avons menés depuis deux ans. Nous avions en effet plutôt le sentiment d’un consensus, que le contexte de l’élection présidentielle et des élections législatives ainsi que l’approche du référendum met à mal. »

« Pas à l’abri d’un embrasement »

Dominique Bussereau qui se dit « convaincu que les enjeux sécuritaires et économiques pèseront pour beaucoup dans le choix des électeurs lors du référendum, pour la mise en œuvre duquel chacun semble s’en remettre au futur Président de la République, au futur gouvernement et à la future Assemblée nationale ». Il s’avoue même « inquiet » : « Nous ne sommes pas à l’abri d’un embrasement si la situation n’est pas gérée avec beaucoup de diplomatie par les futurs pouvoirs publics. » 

Les deux parlementaires recommandent donc de continuer le travail entamé par des missions comme celles-ci. Le PDF de leur rapport peut être téléchargé dans son intégralité ci-dessous:


A découvrir, également, le sujet télé de Brigitte Whaap.

RAPPORT DOSIERE ET BUSSEREAU

 

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