27 mai : un hommage à l'esclave Gertrude, héroïne de la résistance

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esclave gertrude
©R. Lami

A Petit-Bourg, toutes les stèles de la commune ont reçu des gerbes de fleurs : celle de Delgrès dans le bourg, du Neg marron à la traversée et particulièrement celle de la négresse Gertrude, près de l'église. Où à l'époque cette femme de la résistance a été brûlée. Un hommage au son des tambours.

C'était le 27 mai 1848, le gouverneur de la Guadeloupe proclamait l'abolition de l'esclavage. Mais avant cela, hommes et femmes se sont battus jusqu'à la mort pour obtenir la liberté. Aujourd'hui, 173 ans plus tard, la mémoire de ces esclaves sacrifiés a été honorée.

Ces histoires de femmes qui se sont battues. On connaît plus volontiers l'histoire de la mulâtresse solitude, condamnée à mort et pendue à l'âge de 30 ans. Celle de l'esclave Gertrude reste un peu plus méconnue, condamnée à être pendue et brûlée en 1822 en Guadeloupe, pour empoisonnement.

Brigitte Salbert, auteure et chercheuse

Une commémoration pour tout un chacun au niveau de la société guadeloupéenne de se pencher sur une histoire qui perdure et qui est sans doute méconnue.

Brigitte Salbert, auteure et chercheuse

 

Son histoire se passe sur l’habitation Clermont. François de Fougières, le propriétaire, a perdu son épouse Claire de Bragelongne âgée de 19 ans puis son beau-frère. Sept esclaves considérés comme responsables de ces morts sont alors arrêtés dont la dénommée Gertrude.

Elle passera en jugement le 17 janvier 1822 et sera condamnée à être brûlée vive sur la place de l’église de Petit-Bourg. Puis une décision prise en appel adoucira si on peut dire, la peine en préconisant de pendre Gertrude avant de livrer son corps au bûcher et ses cendres à tous vents.

De nos jours, sur la place Gertrude, à Petit-Bourg est édifiée un monument en son hommage. L'œuvre représente l'esclave Gertrude s'extirpant de son lieu de servitude, accablée par la douleur mais le bras levé, poing fermé, marquant sa volonté de lutter.