Affaire du Concert de Kassav' renvoyée à septembre prochain

justice
Vardarassin et Décimus
Rudy Vardarassin et Pierre-Edouard Décimus
Le procès de Pierre Edouard Décimus et Rudy Vardarassin a été renvoyé au 27 septembre prochain. Les deux hommes sont suspectés d'abus de biens sociaux pour l'un et de prise illégale d’intérêt pour l'autre, suite à l'organisation d'un concert de Kassav', à Baie-Mahault, en 2019.

L'affaire dite du Concert de Kassav' a été renvoyée, à la demande de la défense, devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, ce mardi 15 février 2022. Rendez-vous est pris pour le 27 septembre prochain.
Dans ce dossier, le co-fondateur du groupe Kassav', Pierre-Edouard Décimus, est poursuivi pour abus de biens sociaux et le directeur des opérations spéciales à Cap Excellence, Rudy Vardarassin, est suspecté de prise illégale d’intérêt.

C'est suite au concert du groupe mythique antillais, à Baie-Mahault, en décembre 2019, que tous deux ont été mis en cause.
Dans le collimateur de la justice : la gestion financière de cet évènement, organisé dans le cadre de Jarry en Fête.
C’est la Chambre régionale des comptes (CRC) qui avait tiré la sonnette d’alarme. 

Rapport accablant de la CRC

A l'époque, dans son rapport, la CRC évoquait des informations peu fiables, une absence de comptabilité, des dépenses et des recettes peu documentées ; ce qui impliquait des incertitudes sur l’usage des fonds.
La juridiction avait également constaté des retraits en espèces et des virements sans justificatif, faits depuis le compte bancaire de Sign'Alizé, l’association organisatrice de l’évènement, vers ceux de son président, Pierre-Edouard Décimus, de son secrétaire, ainsi que vers celui du directeur des opérations spéciales de la communauté d'agglomération Cap Excellence, Rudy Vardarassin.
Face aux nombreuses questions soulevées, les personnalités visées avaient expliqué que ces sommes reçues étaient des remboursements d’avances personnelles, ou l’indemnisation du talent de bénévoles.

Par Ailleurs, pour organiser ce concert, la CRC expliquait que la structure de Pierre-Edouard Décimus avait perçu 120.000 euros de subventions publiques, de la part du Comité du tourisme des îles de Guadeloupe (CTIG) et de Cap Excellence. Une somme à laquelle s’étaient ajoutés des fonds issus de parrainages de sociétés privées.

A l’arrivée, pourtant, pour ce concert qui avait rassemblé 10.000 spectateurs, l’association avait déclaré 45.000 euros de bénéfices.
La Chambre, elle, en avait finalement trouvé quasiment 100.000 de plus. Elle avait corrigé cet excédent, à hauteur de 140.000 euros.