Aide à l’achat des vélos électriques : un dispositif adapté à la Guadeloupe ?

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Vélo électrique
Vélo électrique ©Rémi Defrance
Si vous souhaitez acquérir un vélo électrique, sachez qu’un tel achat, qui faisait déjà l’objet d’une aide, sera davantage soutenu financièrement, à partir de demain (lundi 15 août) ; le dispositif va être élargi et revu à la hausse, dans le cadre de la loi de finances rectificative. Une telle incitation peut-elle booster les ventes en Guadeloupe ?

Le Gouvernement entend élargir, sur le territoire, l’usage des vélos à assistance électrique (VAE), vu comme un « mode de déplacement relativement peu onéreux, rapide, bénéfique pour la santé et l’environnement ».
Mais ce mode de locomotion répond-il à un besoin, voire une envie, de la population de la Guadeloupe ?En outre, le manque d’infrastructures routières locales adaptées peut freiner l’élan voulu par Paris.

L’aide à l’achat d’un VAE

Un volet de la loi de finances rectificative 2022, porte sur les nouvelles dispositions visant à faciliter un tel achat. Celles-ci entreront en vigueur dès demain (lundi 15 août). Un budget de 5 millions d’euros a été mobilisé pour ce coup de pouce, instauré jusqu’au 31 décembre prochain, mais qui ne s’adresse pas à tous.

Ainsi, les personnes dont le revenu fiscal de référence est inférieur ou égal à 13.489€ pourront prétendre à cette aide financière, pour l’achat d’un vélo électrique neuf, jusqu’à 300€ (contre 200€ précédemment).
Les ménages les plus modestes (gagnant moins de 1350€/mois) et les personnes en situation de handicap, l’allocation est plafonnée à 400€

Les réalités locales : un frein à l’essor des VAE ?

  • L’avis d’un passionné

Olivier Badlou, personnalité très connue dans le monde du sport automobile et celui du scooter des mers, est aussi un grand passionné de vélo. Très jeune, il a pratiqué le BMX, puis le VTT. Il y a 4 ans, il est passé au vélo électrique, qui lui procure tout autant de sensations et de plaisir.
Le sportif parle d’une très belle découverte et, à l’entendre, on a envie de s’y mettre !

C’est vraiment un pied d’avoir un vélo électrique, parce que ça vous pousse à des retranchements différents, tout en forçant, tout en cherchant et en creusant en soi physiquement (...). Dès que j’ai touché mon vélo électrique, je n’ai plus voulu voir mon vélo mécanique !

Olivier Badlou, adepte du vélo électrique

Olivier Badlou, adepte du vélo électrique ©Alexandre Houda et Rémi Defrance - Guadeloupe La 1ère

Seulement voilà, Olivier Badlou parle en particulier de vélo tous terrains (VTT) à assistance électrique, plus utilisé en milieu naturel.

En Guadeloupe, c’est un petit peu compliqué. Les aides sont plutôt mises en place, pour l’instant, sur des vélos de ville, pour se déplacer en milieu urbain, contre la pollution. Ces aides ne sont pas encore applicables chez nous.

Olivier Badlou, adepte du vélo électrique
  • La Guadeloupe prête pour plus de vélos en circulation ?

S’il y a du bon à démocratiser ce mode de déplacement, la Guadeloupe ne semble pas encore prête à accueillir davantage de cyclistes sur ses routes principales, faute d’infrastructures adaptées.
Le vélo, pour le moment, est davantage cantonné à une pratique sportive, dans l’archipel.

Jusqu’à maintenant, c’est vrai que les déplacements sont surtout dans un cadre sportif (...). Il faudrait qu’il y ait des pistes cyclables, des endroits où le cycliste se sent en sécurité.

Frédéric Quetat, gérant d’une enseigne spécialisée dans la vente de vélo

Frédéric Quetat, gérant d’une enseigne spécialisée dans la vente de vélos ©Alexandre Houda et Rémi Defrance - Guadeloupe La 1ère

 

  • Un espoir de hausse des ventes

Enfin, quant à l’aspect financier, l’aide a forcément du bon mais, très réaliste, Olivier Badlou souligne qu’elle est minime, par rapport au prix d’achat des VAE.
Les premiers bons modèles peuvent coûter entre 2000 et 4000€. Les meilleures machines sont affichées jusqu’à plus de 15.000€. A cela s’ajoute le prix d’un bon équipement, indispensable.
Un budget très conséquent pour les petites bourses et ce, malgré les aides et les facilités de paiements mises en place par les enseignes spécialisées.

Quoiqu’il en soit, les professionnels espèrent que cette appréciable incitation va booster les ventes.

Ça peut être un moteur d’ici la rentrée (...). On sort d’une période Covid. Donc, je pense que le fait de rester à la maison ça a incité beaucoup de gens de se mettre au sport, notamment au vélo et au vélo électrique. Le vélo électrique, c’est quand même une pratique très ludique, très facile et accessible pour tous. Donc, effectivement, pendant ces deux années, on a eu une vraie progression, qui était intéressante. Maintenant, ça s’essouffle. Du coup, c’est vrai que c’est un très bon moteur et on espère vraiment rebondir avec cette activité-là.

Sébastien Kuentzler, commercial-technicien dans une enseigne spécialisée dans la vente de vélo
Sébastien Kuentzler, commercial-technicien d'une enseigne spécialisée dans la vente de vélos ©Alexandre Houda et Rémi Defrance - Guadeloupe La 1ère

Dans les commerces, le choix des clients se portent, en tout cas, de plus en plus sur l’électrique.

Les vélos électriques, surtout en VTT, sont nos meilleures ventes. De plus en plus de gens s’intéressent au vélo électrique. Ça permet à des personnes, qui ne sont pas forcément sportives à la base, de se mettre à ce sport.

Frédéric Quetat, gérant d’une enseigne spécialisée dans la vente de vélo

Sachant que les passionnés de sport et les personnes soucieuses de l’environnement sont légion, localement, l’idée de faire l’acquisition d’un VAE peut faire son chemin, petit à petit.