AVC : témoignages de patients pris en charge en unité neuro-vasculaire

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Prise en charge d'un patient au sein de l'unité neuro-vasculaire du CHU
Prise en charge d'un patient au sein de l'unité neuro-vasculaire du CHU ©Eddy Golabkan
Il est possible de se rétablir après avoir été victime d’un AVC. Encore faut-il s’adresser, le plus rapidement possible, au seul service dédié de l’archipel, au CHU. Deux patients pris par surprise par une attaque cérébrale, témoignent.

Le Centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe (CHUG) est le seul établissement de santé en mesure de prendre en charge les victimes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). L’unique unité neuro-vasculaire (UNV) du territoire y siège, en effet.

Rapidité et bon aiguillage, pour augmenter ses chances

Entre 800 et 900 victimes d’AVC sont reçues au sein de l'unité neuro-vasculaire du CHU, chaque année. Toutes bénéficient des soins d’une équipe médicale pluridisciplinaire.

C’est ce qui fait que le patient à plus de chance de s’en sortir, s’il vient en UNV ; ça a été démontré par plusieurs études qu’il y a 30% de chances en plus, s’il vient en UNV. Donc c’est très important qu’il soit pris en charge ici.

Valérie Bassien-Capsa, coordinatrice de la filière AVC du CHU

Il faut se rendre sur place le plus rapidement possible, en passant par le 15 (numéro d’urgence du SAMU).
La prise en charge doit idéalement être effectuée dans les 4 heures et demi après l’attaque.
Ainsi, plus le délai est long pour accéder au service dédié, plus le risque de complications durables, voire de décès, est grand.

Plus le patient attend, plus finalement il perd du cerveau. On établit que toutes les 10 minutes, il y a 2 millions de cellules du cerveau qui sont perdues.

Valérie Bassien-Capsa, coordinatrice de la filière AVC du CHU
Valérie Bassien-Capsa, coordinatrice de la filière AVC du CHU ©Eddy Golabkan et Ronhy Malety - Guadeloupe La 1ère

Une fois admis sur place, les patients sont accueillis durant 48 à 72 heures en soins intensifs neuro-vasculaires, le temps de faire tous les bilans de rigueur. L’objectif est de comprendre les causes de l’AVC afin, si possible, d’éviter les récidives.

A postériori, les personnes sont dirigées dans un service de neurologie conventionnelle.

Un AVC peut survenir à tout âge. Même s’il concerne davantage des personnes de plus de 60 ans, ce mardi 4 octobre 2022, un jeune de 17 ans était hospitalisé en unité neuro-vasculaire, au CHU.

Unité neuro-vasculaire du CHU
Unité neuro-vasculaire du CHU ©Eddy Golabkan

Témoignages

Deux patients victimes d’AVC recouvrent progressivement leurs moyens, après quelques jours de prise en charge.

Lors des consultations quotidiennes, les équipes soignantes procèdent au score NIHSS, un examen permettant de quantifier objectivement la déficience causée par un accident vasculaire cérébral.

On évalue, chaque jour, si l’état du patient s’améliore ou, au contraire, s’aggrave. C’est un score qui, à la phase aigüe de l’AVC, permet d’évaluer le déficit que le patient pourrait avoir, notamment au niveau moteur, comme au niveau du langage.

Koralie Pelissier, interne en 1ère année en neurologie au CHU de la Guadeloupe

  • Témoignage de Servais Ruart, 83 ans

Servais Ruart n’a pas de difficulté pour parler. Mais, depuis l’AVC dont il a été victime, il y a une semaine, il souffre d’ataxie, à savoir d’un déficit de la coordination. Ces céphalées sont moindres, désormais. Il présentait un déficit moteur au début, qu’il n’a plus aujourd’hui.
Ses médecins estiment qu’il évolue bien.

Koralie Pelissier, interne en 1ère année en neurologie et Servais Ruart, victime d’un AVC
Koralie Pelissier, interne en 1ère année en neurologie et Servais Ruart, victime d’un AVC ©Ronhy Malety

Comme à chaque fois qu’il frappe, l’AVC l’a pris par surprise :

Mercredi, j’étais au restaurant avec mon frère. J’ai pris du chatrou. Quand je suis rentré à la maison, je me suis mis à vomir. Et là, tout bonnement, j’allais loin, je me sentais léger, léger... Quelle drôle de maladie, hein !

Servais Ruart, victime d’un AVC

Heureusement, son beau-frère, présent à ce moment-là a identifié l’origine de cette crise et a su agir en conséquence.

Servais Ruart, victime d’un AVC ©Eddy Golabkan et Ronhy Malety - Guadeloupe La 1ère

Servais Ruart va beaucoup mieux

  • Témoignage de Fred Coutras, 55 ans

Fred Coutras est conducteur d’engins.

Samedi matin, le 1er octobre 2022, il a voulu ramasser du linge tombé au sol, mais n’a pas réussi, avec la main droite. C’est avec sa main gauche qu’il a fini par y arriver. Mais il n’a pas compris tout de suite l’urgence de son état de santé. Il a pensé à de la fatigue.

Il a conduit jusqu’à Moule, heureusement sans encombre. Le soir, il a contacté le centre médical de Damencourt, avec l’intention de consulter le lendemain.

C’est sa sœur qui lui a dit d’appeler urgemment les secours pour être hospitalisé.

Je ne savais pas vraiment si c’était ça...

Fred Coutras, victime d’un AVC

Fred Coutras, victime d’un AVC ©Eddy Golabkan et Ronhy Malety - Guadeloupe La 1ère

Aujourd’hui, Fred a retrouvé l’usage de son bras. Il a constaté que sa voix a changé, mais il recouvre progressivement l’usage de la parole.

Koralie Pelissier, interne en 1ère année en neurologie et Fred Coutras, victime d’un AVC
Koralie Pelissier, interne en 1ère année en neurologie et Fred Coutras, victime d’un AVC ©Eddy Golabkan

 

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