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Des avocats guadeloupéens fustigent le système judiciaire

Huit avocats, regroupés au sein d’un collectif baptisé "défense de la défense", s’insurgent contre la façon dont la justice est rendue en Guadeloupe. Dernier exemple en date, le procès du meurtrier du jeune Yohann Equinoxe, où l’opinion publique a primé, selon eux, sur le droit.

© cc-by-nc Damien Roué
© cc-by-nc Damien Roué
  • Franck Aristide
  • Publié le
Réunis au sein du collectif "défense de la défense", huit avocats remettent en cause la façon dont la justice est rendue sous nos latitudes…
Dernier épisode en date à leur yeux : la gestion du dossier du meurtrier présumé du jeune lycéen Yohann Equinoxe… En septembre dernier, l’adolescent de 15 ans avait été tué à proximité de son lycée, à la sortie des cours, à Lacroix aux Abymes. Son meurtrier présumé a été condamné le mois dernier à 14 ans de prison, au terme d’un procès à rebondissements et qui va fait beaucoup réagir au sein du barreau.

Une affaire dictée par l'émotion selon le collectif

Dès le début de l'audience, le La avait été donné. Les avocats du meurtrier de Yohann Equinoxe avait multiplié les incidents pour dénoncer la façon dont ce procès était mené. Ils avaient mis en cause la vive émotion manifestée par le juge lors du témoignage de la mère de la victime, ainsi que des manquements aux règles de procédure : détention provisoire du jeune mineur au delà des délais prévus par la loi, présence des témoins dans la salle avant leur déposition. 
Pour manifester leur mécontentement, ils avaient fini par quitter le tribunal au pied levé. Un autre conseil avait été désigné pour assurer la défense du jeune homme. Au terme de 2 jours d'audience, il écopait de 14 années de réclusion criminelle, soit 2 ans de plus que la peine requise par le procureur. 

Ils dénoncent des dysfonctionnements de la justice

Aujourd'hui, à ces avocats, se sont rajoutés ceux qui ont l'habitude de s'engager. Ils dénoncent tous les dysfonctionnements de la justice chez nous. Des atteintes portées à l'Etat de droit par une institution qui s'investit aujourd'hui plus dans l'opinion publique que dans l'humanité, expliquent-ils. 
Ils mettent en cause, pêle-mêle l'absence de prise en compte des spécificités liées à notre histoire, les coupes budgétaires, la priorité accordée à la répression aux dépens de la prévention dans le traitement de la délinquance.
Désormais réunis en comité, ils comptent bien, plus que jamais, se faire entendre. 

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