Ouverture du procès en appel, pour enlèvement, séquestration et assassinat de Dimitri Errin

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Tribunal de Basse-Terre
©LPLT

Quand des jeunes gens se muent en meurtriers, épisode trois : après l'acte irréversible de mars 2016 au Moule, puis le procès aux Assises de fin 2020, c'est en appel que les dix co-accusé vont être jugés, pour avoir notamment enlevé, séquestré et assassiné un voyou violent et voleur : Dimitri Errin

C'est un long procès qui va démarrer, ce lundi matin, devant la cour d'Assises de Basse-Terre. Un procès en appel, qui reviendra sur une affaire d'assassinat, précédé d'un enlèvement, par une bande occasionnelle, sous la conduite présumée d'une jeune femme blonde et d'un prétendu brave garçon, ligués pour exécuter un voyou : Dimitri Errin. 
Ainsi avaient été globalement présentés les faits, par l'avocate générale, en septembre/octobre 2020, quand les accusés avaient écopé de lourdes peines, en première instance.

10 co-accusés

Ils seront dix, sur le banc des accusés de la cour d'Assises de Basse-Terre, dès ce lundi matin.
Tous devront répondre, pour la seconde fois. Car c'est un procès en appel qui va se jouer, avec divers chefs d'inculpation, qui concernent les uns et/ou les autres : assassinat, enlèvement, séquestration, détention arbitraire suivie de mort, complicité d'assassinat, abstention volontaire d'empêcher un crime ou un délit contre l'intégrité d'une personne. 

Rappel des faits

A la fin du mois de mars 2016, une jeune fille se présente à la gendarmerie du Moule. Elle vient déclarer la disparition de son fiancé, Dimitri Errin.
La veille au soir, trois hommes sont venus l'enlever, à son domicile. Ils l'ont mis dans un coffre de voiture, après l'avoir attaché. Au total, selon le témoignage de la plaignante, la bande de circonstance comptait une jeune fille blonde et cinq hommes.

On retrouvera, 48 heures après, le corps de Dimitri Errin, dans un champ au Moule. On lui a tiré un coup de fusil de chasse dans la bouche et cela lui a emporté le visage.

Les gendarmes vont faire une enquête minutieuse, fouillée, dont il ressort qu'une bande de copains a sans doute suivi le désir de vengeance de la jeune fille blonde : Aliénor Frémaux.
La victime est un ancien petit copain violent de cette dernière. Elle l'accuse de l'avoir frappée et volée, avant de s'enfuir.

Dans la bande punitive, il y a un homme qui en veut vraiment à Dimitri : un ami trahi et volé. Dimitri l'aurait menacé de mort et, surtout, de violer sur sa petite soeur handicapée. Ce garçon, qui aurait estimé avoir des raisons de s'en prendre à son bourreau, se nomme Guy-Georges Delacaze. Hormis cette histoire invraisemblable dans laquelle il s'est embarqué, il ne serait pas un méchant bougre, mais un travailleur, éleveur d'animaux, économe et organisé, très proche de sa famille.

Le funeste soir de l'exécution, il va prendre son fusil de chasse, pour écarter la menace définitivement.
La bande a enlevé Dimitri Errin, l'a frappé et a voulu lui faire peur.
Mais, tout-à-coup, Guy-Georges Delacaze aurait placé le fusil face au visage du Dimitri et a tiré.

La bande s'est enfui.

Les gendarmes mettront des mois pour reconstituer le drame.

Les dix membres du groupe épinglé doivent désormais répondre de responsabilités diverses.
Mais, vous l'aurez compris, deux d'entre eux sortent du lot : Guy-Georges Delacaze, le meurtrier présumé et Aliénor Frémaux, que l'on soupçonne d'avoir motivé la bande et de les avoir menés.