Sainte-Anne : à 9 ans, il terrorise plusieurs de ses camarades d'école

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Ecole "Ginette Maragnès" à Sainte-Anne
Ecole élémentaire "Ginette Maragnès" ©Ville de Sainte-Anne

Un élève de CM1 sèmerait la terreur à l'école Ginette Maragnès du bourg de Sainte-Anne. Ses camarades seraient ses victimes. Le corps enseignant et la direction de l'établissement semblent dépassés. Face au comportement inapproprié du garçon, une procédure, longue, est enclenchée par le rectorat.

Il défèque dans la cour de récréation, fait pipi sur les passants depuis l'étage de l'école, montre son sexe aux élèves, menace de mort certains d'entre eux... il a même forcé au moins une de ses camarades à l'embrasser.
Clairement, le comportement d'un élève de CM1, scolarisé à l'école mixte 2 "Ginette Maragnès" du bourg de Sainte-Anne, est inapproprié, voire violent.

Depuis plus de trois ans, cet enfant fait l'objet de divers signalements, à la direction de l'établissement, à l'inspection académique, au rectorat et même au procureur de la République, selon un parent d'élève. Mais, à ce jour, bien qu'il soit accusé, par les parents, de faits très sérieux de harcèlement, rien n'a changé. Au contraire, la gravité des faits qui lui sont reprochés irait crescendo, à en croire les témoignages.

Le cas d'une des victimes présumées

Une petite fille de 8 ans serait régulièrement la cible de ce garçon considéré comme "déviant", depuis novembre 2020. Tous deux sont dans la même classe.
Un médecin a reconnu, chez elle, des séquelles de harcèlement à l'école. Il écrit :

A l'examen clinique, elle présente des épigastralgies chroniques pouvant correspondre à une gastrite de stress, des insomnies et un syndrome anxieux pouvant correspondre à des séquelles d'harcèlement à l'école.

Médecin traitant de la jeune victime présumée

La mère de cette jeune élève a accepté de témoigner, sous couvert de l'anonymat :

Maman de la jeune victime présumée : "Nos enfants sont censés être en sécurité à l'école et ce n'est pas le cas !"

Cette mère de famille a usé de tous les moyens, pour faire bouger les choses. Elle considère, comme bon nombre d'autres parents moins actifs, que le garçon, d'ores et déjà suivi en centre médico-psychologique, ne devrait pas être scolarisé dans une école élémentaire classique. 

Maman de la jeune victime présumée : "Ils prennent le dossier au sérieux, mais rien ne bouge quand même !"

C'est ainsi qu'une action est prévue, ce jeudi 21 janvier 2021, à l'ouverture de l'école : une distribution de prospectus invitant les parents à témoigner.

Tract stop au harcèlement !

 

La réponse du rectorat 

Nous venons d'entendre, dans le témoignage de la maman plaignante, que c'est l’inspectrice de circonscription Saint-Anne/Saint-François qui aurait réclamé "un maximum d’écrits". 
D'où le fait que les parents d'élèves fassent circuler le tract ci-dessus.

Mais cette initiative n'est pas au goût de la Rectrice de l'académie de la Guadeloupe.
Interpellée sur ce cas particulier de harcèlement et de violences présumés, en milieu scolaire, Christine Gangloff-Ziegler a produit un communiqué, dans lequel elle appelle les parents d'élèves à plus de "prudence et de discernement", dans cette affaire qui concerne "un élève à besoin éducatif particulier". Pas un mot, en revanche, pour les jeunes victimes eventuelles...

Communiqué de presse du rectorat de la Guadeloupe

Et il est vrai que l'enfant, qui évoluerait dans un milieu carencé, a lui aussi besoin d'aide. Or, son nom et des dénonciations violentes ont circulé sur les réseaux sociaux... ce qui n'est pas acceptable non plus.

Adélaïde Tine, directrice académique adjointe des services de l'Education nationale, ne s'avance pas à annoncer une date de résolution du problème, bien qu'il nuise à la sérénité de toute la communauté scolaire.
La solution, selon elle, sera collective et dépend notamment de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Des mesures, sur le plan social, ont été mises en place, pour accompagner la famille du mineur qui présente des troubles du comportement. 
Quoiqu'il en soit, la réponse à apporter ne peut pas être l'exclusion pure et simple, précise t-elle.

Adélaïde Tine : "Effectivement, les délais de traitement sont parfois un peu longs" "


Une suite judiciaire possible ?

Autre intervention attendue : celle du juge des mineurs, appelé à trancher, lui aussi, dans cette affaire.

Selon nos sources, lors du premier signalement, alors que le placement de l'enfant était fortement recommandé, le procureur a refusé d'y procéder. Il n'aurait donc pas été à l'écoute des avis émis par le rectorat.