Chlordécone : Le tribunal administratif de Paris saisi par des associations demandant une indemnisation du préjudice moral d’anxiété

chlordécone
champs de banane en terre de chlordécone
La requête des 500 premiers demandeurs exposés au chlordécone, ce pesticide utilisé pendant 21 ans aux Antilles françaises, est devant le tribunal administratif de Paris. Alors que la gestion de la crise Covid-19 fait débat, celle sur le scandale du chlordécone est sur la scène judiciaire.
La procédure judiciaire lancée l’année dernière par trois associations, le CRAN, l’association Vivre de Guadeloupe et le collectif Lyannaj pou depolye Matinik, pour une reconnaissance de la responsabilité de l’Etat dans le scandale de la chlordécone et obtenir une indemnisation du préjudice moral d’anxiété.
"Nous n'avons pas eu de réponse et nous attaquons devant le tribunal administratif le refus implicite d'indemniser les 500 demandeurs initiaux de leur préjudice moral en raison de l'exposition au chlordécone", a expliqué à l'AFP leur avocat, Me Christophe Leguevaques.
La procédure a franchi le 30 avril dernier, une nouvelle étape avec le dépôt du mémoire introductif d'instance, devant le Tribunal administratif de Paris. 
 

Une plainte de 500 habitants des Antilles françaises

Les 500 premières plaintes déposées dans le cadre de cette action collective sont actuellement sur le bureau du juge parisien. L'avocat des 3 associations, à l'initiative de cette procédure, rappelle dans son mémoire tous les faits désormais établis étayant la responsabilité supposée de l'Etat, dans ce scandale sanitaire.

Les requérants souhaitent que la justice reconnaisse ainsi la responsabilité de la France dans l'attribution des dérogations successives qui ont conduit à l'utilisation de la molécule, jusqu'en 1993, en Guadeloupe et en Martinique, et ce, contre l'avis de toutes les autorités sanitaires de l'époque. 
Les requérants demandent également que la Justice reconnaisse les carences de l'Etat dans son utilisation de son pouvoir de police et demandent que ce dernier soit condamné à verser 15 000 euros, à chaque requérant au titre du préjudice moral d'anxiété.