ChlorExpo: Début de l’enquête en Guadeloupe et Martinique

chlordécone
Enquête chlordécone
Quelques milliers de foyer de Guadeloupe et de Martinique sont soumis depuis le 1er juillet, et ce pour environ deux mois, à une nouvelle enquête sur le chlordécone. Menée par l'ANSES son but est de redéfinir des recommandations pour diminuer l’exposition de la population antillaise au pesticide

« Toutes les données collectées seront strictement confidentielles » souligne l’Anses. Avec l’aide de l’Ipsos Antilles, l'Anses lance une longue enquête de deux mois au coeur des familles antillaises. Au total 750 foyers de Guadeloupe et 750 foyers de Martinique y participeront. 
Elle se déroulera à domicile. Les habitants seront interrogés, d'une part, sur leurs habitudes d'achat des aliments contribuant le plus à l'exposition au chlordécone et, d'autre part, sur leur manière de les cuisiner. Les répondants ont été sélectionnés pour être le plus proche possible des réelles pratiques culinaire locale. 

Une récente étude, menée par l’Anses a montré que la cuisson de la viande pouvait réduire le taux de chlordéconne dans l’aliment. Ainsi, une nouvelle enquête est nécessaire pour approfondir les travaux à ce sujet.
Cette première étape de l’étude "ChlorExpo" permettra, une fois l’analyse des résultats faite, de préparer les étapes suivantes. En effet, une fois les habitudes alimentaires, les cuissons et les circuits de distribution identifiés, les scientifiques pourront les analyser en laboratoire afin de connaître leur teneur en chlordécone.

Cette étude débouchera sur la formulation de nouvelles recommandations pratiques afin de diminuer l’exposition à l’agent chimique tout en prenant en compte des pratiques réelles de la population antillaise.
"ChlorExpo" s’inscrit dans le plan national chlordécone IV financé par la Direction générale de la santé (DGS) du ministère des solidarités et de la santé et par l’Anses.

Des valeurs sanitaires de référence

Pour rappel, l'Anses a déjà défini des valeurs toxicologiques de référence (VTR) sur les niveaux de contamination des aliments au chlordécone aux Antilles. En 2003, l’organisme fixe le taux de chlordécone par kilo de poids corporel et par jours à 0,5 microgramme par jour. Mais dans son avis de 2021 elle préconise de l’abaisser à 0,17 microgramme. 
L'étude "ChlorExpo" s'appuiera sur les nouvelles VTR pour établir les nouvelles recommandations.

En attendant les résultats, l’étude Kanaris, mise en œuvre en 2013 par l’Anses, Santé publique France et les Observatoires régionaux de la santé avec l’appui des Agences Régionales de Santé de Martinique et de Guadeloupe, a permis d’identifier les premières recommandations de consommation : 

-Éviter de s’approvisionner par des circuits informels : autoproduction, dons, bord de route

-Éviter la consommation de poissons de mer (maximum 4 fois par jour) 

-Éviter la consommation de racines et de tubercules (maximum 2 fois par jour) 

-Ne pas consommer de produits de pêche en eau douce issues des zones d’interdiction de pêche définies par arrêté préfectoral.

VOIR AUSSI : Impact du mode de cuisson sur la teneur en chlordécone des aliments : l’Anses lance une nouvelle étude aux Antilles