Crise sanitaire : chacun en prend pour son grade, dans une tribune de la Ligue des Droits de l'Homme

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Ligue des Droits de l'Homme
La fédération de Guadeloupe de la Ligue des Droits de l'Homme sort de son silence, alors que la "ligne jaune a été franchie" entre les autorités et les syndicats, dans le contexte de crise sanitaire. L'organisation revient sur tout ce qui fait que la Covid-19 a trouvé un terrain favorable, chez nous

"Crise sanitaire : libertés et droits de l’homme" : tel est l’intitulé d'une tribune de la fédération de Guadeloupe de la Ligue des Droits de l’Homme, rendue publique le 17 octobre 2021.
Dans ce texte, l’organisation dépeint ce qui s’est passé et se passe encore, dans l'archipel, qui lutte comme le reste du monde contre la Covid-19.
Elle lance un appel à la protection de la santé de l’Homme, tout en se positionnant en faveur de la vaccination. 

Un terrain propice à la pandémie

C’est par l’Etat des lieux de la santé, en Guadeloupe, lorsque que l’épidémie s’est déclarée, que la Ligue des Droits de l’Homme commence sa lettre.
Il s'avère que le virus a trouvé un terrain favorable, localement, pour se développer, notamment  une inquiétante situation des structures de soin, ou encore l'importance des comorbidités.

Une telle épidémie met au grand jour, s'il en était besoin, les déséquilibres (économiques, sociaux et sociétaux), les dysfonctionnements d'un pays.

Patrice Ganot, président de la fédération de Guadeloupe de la Ligue des droits de l'Homme

 

Une crise sociale qui débouche sur une lutte sociale

Puis, la Ligue poursuit par les constats, à commencer par le bras de fer, entre les autorités sanitaires et les syndicats hostiles à l’obligation vaccinale. Elle regrette que les premiers restent sourds aux seconds.

Un tel positionnement de forces vives dans une société démocratique doit être pris en compte par les autorités pour être analysé correctement afin d’y apporter des réponses adaptées au maintien de la paix sociale et la préservation de la continuité des soins médicaux au sein du CHU. L’opposition syndicale à la vaccination obligatoire doit être comprise comme l’exercice d’une liberté de conscience et d’expression.

Patrice Ganot, président de la fédération de Guadeloupe de la Ligue des droits de l'Homme

Puis, il est question des cafouillages et discours contradictoires, de l’impréparation, voire pire.

Nous avons analysé que cela procédait d'une totale impréparation, pire d'un abandon de toutes les mesures préventives prévues depuis des décennies, lesquelles intégraient bien évidemment toutes les avancées scientifiques et technologiques. Et c'est ainsi que nous avons vu la création d'un conseil scientifique, par le fait du Prince, alors que des structures ad hoc existaient, prêtes à se mettre au travail pour répondre à tout nouveau danger sanitaire, mais n'ont pas été sollicitées.

Patrice Ganot, président de la fédération de Guadeloupe de la Ligue des droits de l'Homme

En Guadeloupe, comme en Martinique et en Guyane, une limite a été franchie, avec les actes de dégradation, commis dans les établissements de santé.
Pour la ligue, s’il est légitime de s’inquiéter des tendances liberticides des gouvernements, de dénoncer les fautes de communication, de méthode et l’absence de concertation, il l’est tout autant de pointer du doigt les sabotages, menaces et entraves.

Elle réaffirme que l’accès aux soins est un droit intangible et aussi une liberté fondamentale, qui ne peut être contrarié par des méthodes syndicales de plus en plus violentes, susceptibles de mettre en grand danger l'outil de travail, en l'occurrence un établissement de santé, lorsqu’il ne s’agit pas de menaces physiques et d’intimidation ciblées.

Patrice Ganot, président de la fédération de Guadeloupe de la Ligue des droits de l'Homme


La LDH favorable à la vaccination

Enfin, c’est sur la vaccination que la LDH se penche. Elle trouve ahurissant d’entendre encore dire que l'on veut "prendre les Guadeloupéens pour cobayes". Ce, alors que les vaccins sont utilisés dans le monde entier, que l’Afrique les réclame sans succès, que la Nouvelle Calédonie les a déjà rendus obligatoires, tout comme l’envisage de nombreuses îles indépendantes de la Caraïbe.

Et de conclure en appelant à la responsabilité de tous, pour éclairer et élever le niveau de conscience car, "en toute chose, il faut savoir raison garder".

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