Début de la campagne sucrière 2022 fixé au 24 février pour Gardel

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Coupe canne Basse-Terre
©J. Champion
La campagne sucrière 2022 démarrera le 24 février en Guadeloupe continentale, selon la date arrêtée par les acteurs de la filière. Près de 455 000 tonnes de cannes sont attendues par l’usine Gardel. Un faible volume, cette année encore, même s’il est en hausse de 7% par rapport au tonnage de 2021.

Le 24 février… C’est la date décidée pour lancer la campagne sucrière 2022 à l’usine Gardel. Elle a été arrêtée par l’ensemble des acteurs de la filière, réunis vendredi 4 février en Comité de liaison, dans les locaux du CTCS (Centre technique de la canne à sucre), aux Abymes. 

Le Comité de liaison a également validé les prévisions de récolte, après les évaluations réalisées par les techniciens des coopératives de producteurs, dans chacun des trois bassins canniers qui approvisionnent la sucrerie du Moule. Selon ces premières estimations, 169 650 tonnes de cannes sont attendues cette année dans le Nord Grande-Terre, 110 250 tonnes dans le Centre et le Sud Grande-Terre et 175 000 tonnes en Basse-Terre, soit un total de près de 455 000 tonnes. Cela représente certes une hausse de près de 7%, comparé au tonnage réalisé l’an dernier. 

Impact de la sécheresse

Mais à quand un retour aux 600 000 tonnes (et plus) pour le « continent » ? Le plan de relance de la production cannière est en marche, afin d’augmenter les rendements à l’hectare, avec des mesures d’aides pour accentuer la replantation des parcelles les plus vieilles et pour améliorer la fertilité des sols (en particulier en Nord Basse-Terre). Mais après la sécheresse historique de 2020, la production a souffert à nouveau d’un climat très sec, en l’occurrence durant la saison des pluies de 2021. Des conditions qui ont freiné la croissance de la canne. Cyrille Mathieu, le président d’Iguacanne, l’interprofession guadeloupéenne pour la canne à sucre :

Cyrille Mathieu, président d'Iguacanne

 

Des récolteuses en attente de pièces 

Les opérateurs de coupe souhaitaient une date plus tardive pour le lancement de la récolte. Car beaucoup ne seront pas prêts pour le 24 février, à cause notamment des difficultés à s’approvisionner en pièces détachées pour l’entretien des machines. Il faut donc s’attendre à un démarrage très progressif de la campagne, pour ne pas dire poussif. José Magdeleine, représentant des entreprises de récolte de la Basse-Terre :

José Magdeleine, représentant des entreprises de coupe de la Basse-Terre

 

Confrontés à une explosion du prix des intrants, et notamment des carburants, les opérateurs de récolte réclament par ailleurs aux planteurs une revalorisation des tarifs de leurs prestations. Des discussions vont être entamées.

Gardel priorise les sucres spéciaux 

La sucrerie Gardel, elle, sera prête bien avant le 24 février, affirment les dirigeants de l’outil industriel, qui ont prévu un test de broyage le 18 février. Et l’usine du Moule s’est fixée un objectif pour cette campagne 2022 : fabriquer plus de sucres de bouche (ce qu’on appelle les « sucres spéciaux ») que de sucre vrac destiné aux raffineries. Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel S.A. :

Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel

 

Et Marie-Galante ?

S’agissant de Marie-Galante, la direction de la Sucrerie-Rhumerie (SRMG) envisage un démarrage de la campagne vers la mi-mars, en tenant compte des travaux de réparation de la chaudière. La date précise pour l'ordre de coupe, ainsi que l’évaluation du tas de cannes sur l’île aux cent moulins, seront fixées lors d’une prochaine réunion de la commission mixte de bassin… 

Quant aux négociations annuelles obligatoires (NAO) de branche, entre syndicats de travailleurs et patrons de sucreries et distilleries, elles ont débuté la semaine dernière, avec une première réunion le 1er février. Elles vont se poursuivre durant la semaine à venir.