Désordre général dans le secteur de la santé en Guadeloupe

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Accès du CHU sous surveillance
Accès du CHU sous surveillance ©O. Duflo
Alors que les accès du CHU ont été débloqués par les forces de l'Ordre, la contestation ne faiblit et s'étend à tous les établissements de santé de l'Archipel. Partout, la même volonté de s'opposer à l'instauration du pass-sanitaire et surtout à la mise en œuvre des premières mesures de suspensions

Très tôt ce mardi matin, les forces de l'ordre ont pris position devant l'entrée du CHU afin de faciliter les entrées et les sorties et surtout, de mettre un terme au piquet de grève qui se tenait à l'intérieur de l'enceinte. 
Mais malgré cette intervention policière, les travailleurs de la santé présents sur le site ont choisi de persister dans leur protestation. A leur opposition au pass-sanitaire s'est ajouté désormais la dénonciation des mesures de suspensions déjà prononcées contre certains agents. Inadmissibles selon l'UTS-UGTG qui galvanise la contestation en soulignant la nécessité pour les malades et leurs familles de comprendre que, dans de telles conditions, la sécurité sanitaire des patients n'est plus garantie

©Guadeloupe

La direction du CHU a eu à déplorer l'action d'un groupe qu'elle qualifie de "commando" et qui a particulièrement pertubé le fonctionnement des services de l'établissement. 

Communiqué du CHU

Il faut souligner qu'à ce jour, tous personnels confondus, 67,5% des collaborateurs du CHUG sont vaccinés. Un chiffre qui s'élève à 95,2 % parmi personnels médicaux et les personnels administratifs, techniques logistiques qui ne sont pas liés à la prise en charge des patients. Pour les autres personnels administratifs, techniques et logistiques en charges des patients du CHU, le taux de vaccination atteint 72%

Taux de vaccination au CHU au 25 octobre 2021

Situation difficile dans plusieurs établissements

Outre le CHUG, de nombreux autres établissements de santé font face à la même contestation.
Des situations très différentes selon les cas. Ainsi, si l'accès aux urgences du CHBT a été libéré, la clinique des Nouvelles Eaux Vives à Papaye est bloquée par une trentaine d'agents. Même situation à l'hôpital spécialisé de Montéran à Saint Claude où les agents ont jusqu'au 28 octobre pour présenter un pass-sanitaire complet.
Situation similiaire sur la Côte sous le Vent à Maurice Selbonne et Beauperthuy, mais aussi sur la Côte au Vent à l'Hopital de Capesterre Belle Eau et en Grande Terre à la clinique de l'Espérance aux Abymes.
Précisons d'ailleurs que le conseil de surveillance de l'hôpital Maurice Selbonne présidé par Thierry Abell mair e de Bouillante, a demandé aux responsables de l'établissement de surseoir aux mesures de suspension, le temps pour les élus d'entamer une négociation avec le gouvernement.

Piquet de grève
©B. Pansiot-Villon

Pas de piquet de grève en revanche à la Clinique Choisy au Gosier et à la Clinique des Eaux Claires à Baie-Mahault, un établissement où l'on ne comptait que deux personnels non vaccinés.
Soulignons aussi la journée blanche déclenchée par las infirmiers libéraux, une manière pour eux aussi de protester contre l'obligation du pass-sanitaire qui leur est imposée à eux aussi comme aux autres professions médicales et para-médicales.

VOIR AUSSI : Reportage de Marie-Line Plaisir

©Guadeloupe

Par ailleurs, la Fédération Hospitalière de Guadeloupe, après avoir salué l'engagement des établissements publics et privés lors de la 4ème vague, rappelle que le Conseil Constitionnel a reconnu l'objectif de santé publique de la loi du 5 août qui prévoit l'instauration du pass-sanitaire et l'obligation vaccinale. Pour autant, elle se propose d'aller à la rencontre des organisations syndicales. 

Communiqué de la Fédération Hospitalière de Guadeloupe

Répondant à ce communiqué au lendemain de sa publication, l'Agence Régionale de Santé a tenu à préciser que :

Le conseil de surveillance ne peut pas prendre de telles motions demandant à la directrice d’établissement de contrevenir à loi et la mettre ainsi en difficulté.

La directrice d’établissement doit donc mettre en œuvre l’obligation vaccinale de façon progressive et avec discernement, comme préconisé par le ministre des solidarités et de la santé.


Une mission de médiation en Martinique

Face à une situation similaire en Martinique, le ministre de la Santé Olivier Véran vient d'annoncer l'envoi d'une médiation en Martinique dans l'objectif de rétablir "les conditions d'un dialogue serein". L'île connaît de nombreuses tensions autour de l'obligation vaccinale.

Voir : Covid-19 : le ministre de la Santé Olivier Véran annonce l'envoi d'une "médiation" en Martinique